En lisière de haie ou au fond du potager, l’ortie passe souvent pour une simple mauvaise herbe. Pourtant, ses grappes de graines qui pendent en fin d’été forment un trésor discret, parfait pour remplir vos placards sans dépenser un centime.
Ces graines d’ortie apparaissent dès la mi-juillet, mais c’est en septembre qu’elles atteignent leur plein potentiel aromatique et nutritif. Juste avant que le vent et la pluie ne les fassent tomber au sol, la plante vous offre une courte fenêtre pour faire vos réserves d’hiver. La fenêtre est courte.
Pourquoi récolter les graines d’ortie en septembre pour vos réserves d’hiver
Les feuilles d’ortie se cueillent surtout au printemps, alors que les graines arrivent plus tard sur l’ortie dioïque, Urtica dioica. On peut récolter les graines d’ortie en septembre, au moment où les grappes commencent à brunir légèrement : elles sont alors plus riches, au goût plus prononcé et se détachent facilement.
D’après les retours de terrain, on trouve des graines de la mi-juillet jusqu’à la fin octobre, selon la météo. En septembre, la majorité des grappes sont passées du vert au vert-brun, voire au brun clair, sans être totalement sèches ni tombées : c’est le moment le plus sûr pour remplir un bocal qui vous servira tout l’hiver dans vos mueslis, pains maison, salades ou soupes.
Reconnaître les bons pieds d’ortie et les grappes de graines mûres
Pour faire vos réserves, mieux vaut viser les pieds femelles, qui produisent les graines. Les inflorescences femelles forment de longues grappes denses pendantes, alors que les pieds mâles portent de petits amas blanchâtres, plutôt sphériques, qui restent dressés ou à l’horizontale et libèrent surtout du pollen.
Côté maturité, une ortie encore en pleine floraison n’est pas prête : les grappes sont fines, sans grains bien formés. Viennent ensuite les graines vertes, déjà comestibles mais au goût assez neutre, un peu comme des noix trop jeunes. Attendez que les grappes pendent bien sous le poids, que la teinte vire au vert-brun, puis au brun clair, et faites le test du frottement : si les graines se détachent facilement sous les doigts sans s’effriter toutes seules, la récolte peut commencer, de préférence loin des routes et des parcelles traitées.
Récolter, sécher et conserver les graines d’ortie sans les abîmer
Pour cueillir sereinement, équipez-vous de gants épais et de manches longues, avec un sécateur ou de bons ciseaux et un sac en papier. Coupez les extrémités de tiges chargées de graines sur 10 à 15 cm, par temps sec, et déposez-les délicatement, tête en bas, dans le sac ou sur un torchon, sans tasser, en laissant toujours une partie des grappes sur chaque touffe pour la faune et le ressemis naturel.
Le séchage se fait à l’ombre, dans un endroit bien aéré, sur un plateau ou un grillage recouvert d’un torchon, pendant environ 5 à 10 jours selon l’humidité. Évitez le soleil direct et les sources de chaleur trop fortes, au-delà de 40 °C, qui feraient perdre saveur et qualité. Quand les graines sont sèches, croquantes et non collantes, frottez les grappes au-dessus d’un grand récipient, tamisez pour éliminer tiges et débris, éventuellement en soufflant légèrement pour laisser s’envoler les parties les plus légères. Il ne reste plus qu’à les verser dans un bocal en verre hermétique, à l’abri de la lumière, où elles se gardent 6 à 12 mois, voire plus longtemps encore si vous choisissez la congélation, prêtes à parfumer vos plats tout l’hiver.