À 19 ans, beaucoup de jeunes poursuivent leurs études, cherchent leur premier emploi ou réfléchissent encore à leur avenir professionnel. David, lui, sait exactement ce qu’il veut faire de sa vie depuis l’âge de 7 ans : élever des chèvres. Originaire de la province de Malaga, dans le sud de l’Espagne, il a choisi de quitter les bancs de l’école pour se consacrer entièrement à sa passion. Aujourd’hui, il s’occupe d’un troupeau de 200 animaux et ne s’imagine pas exercer un autre métier.
Un choix de vie peu ordinaire, qu’il assume pleinement malgré les contraintes du quotidien. Dans un entretien accordé au média espagnol Vozpópuli, le jeune homme raconte comment il a construit son activité, sans être issu d’une famille d’éleveurs. « Je ne pourrais pas être dans un bureau, elles sont ma vie », confie-t-il à propos de ses chèvres. Derrière cette déclaration se cache une histoire de passion, de travail et d’indépendance.
À seulement 19 ans, David a quitté ses études pour s’occuper de 200 chèvres
Tout commence lorsque David n’a que 12 ans. À cet âge, il achète sa toute première chèvre, baptisée Colorá, qui occupe encore aujourd’hui une place particulière dans son cœur. Pourtant, rien ne le prédestinait à devenir éleveur. Personne dans sa famille n’avait possédé de chèvres auparavant. Son intérêt pour ces animaux est né spontanément, dès l’enfance. Au fil des années, il agrandit progressivement son élevage, jusqu’à posséder une quinzaine de chèvres, puis à s’occuper d’un troupeau de 200 bêtes. Certaines portent des prénoms auxquels il est particulièrement attaché, comme Perlita, Eva, Panchita ou Morenita.
Pour se consacrer à cette activité, David a décidé d’arrêter ses études. Il explique qu’il lui serait impossible de concilier les cours avec les nombreuses heures nécessaires pour prendre soin de ses animaux. Son engagement est tel qu’il doit vivre dans le bâtiment où se trouve son troupeau. Une proximité qui lui permet de veiller sur ses chèvres au quotidien. Et lorsqu’on lui demande s’il pourrait envisager un emploi plus classique, sa réponse est immédiate : « Je ne sais pas ce que je ferais. Je ne pourrais pas travailler dans un bureau. » Le jeune homme reconnaît même parler régulièrement à ses animaux, quitte à passer pour un original.
Réveil à 7 heures, traite et alimentation : le quotidien bien rempli du jeune éleveur
Les journées de David commencent tôt. Chaque matin, à 7 heures, il se lève pour effectuer la traite de ses chèvres. Il prépare les animaux, installe le matériel nécessaire et commence à recueillir le lait. Une fois cette première tâche terminée, il s’occupe de leur alimentation et vérifie que chacune se porte bien. Lorsque les températures grimpent, notamment pendant les étés particulièrement chauds du sud de l’Espagne, il avance son réveil d’une heure afin de travailler dans de meilleures conditions. Une organisation rigoureuse, indispensable pour assurer le bon fonctionnement de son élevage.
Vers 11 heures, une partie des tâches matinales est terminée, mais la journée de travail est loin d’être finie. Il reste encore les courses et différentes démarches à effectuer, avant de retourner s’occuper du troupeau dans l’après-midi. Malgré cette charge de travail, David tient à conserver son indépendance. Son beau-père lui apporte parfois un peu d’aide, mais le jeune homme préfère gérer lui-même son activité. « Je fais tout seul et c’est comme ça que je veux continuer », affirme-t-il. Une volonté d’autonomie qui témoigne de son attachement à un métier aussi exigeant que passionnant.
Son prochain rêve : ouvrir sa propre fromagerie et vendre ses produits localement
Si David est déjà fier du chemin parcouru, il ne compte pas s’arrêter à l’élevage de ses 200 chèvres. Son ambition est désormais de créer sa propre fromagerie pour transformer lui-même le lait produit par ses animaux. Pour le moment, il vend sa production à une coopérative locale, qui lui verse, selon ses déclarations, 1,05 euro par litre de lait. En échange, il reçoit également des fromages fabriqués à partir du lait qu’il fournit. Mais à terme, le jeune éleveur aimerait maîtriser toutes les étapes de la production, de la traite jusqu’à la commercialisation.
Son projet repose notamment sur la vente en circuit court, une démarche qui consiste à limiter les intermédiaires et à privilégier la proximité entre le lieu de production et les consommateurs. David souhaite également réduire les déplacements de ses animaux, afin d’éviter le stress provoqué par les longs trajets en camion et de favoriser leur bien-être. À seulement 19 ans, il envisage donc déjà l’avenir de son exploitation avec des objectifs bien précis. Et malgré les sacrifices qu’impose son métier, une chose semble certaine : le jeune Espagnol n’est pas près d’abandonner ses chèvres pour un travail derrière un bureau.