Un pot de basilic acheté au supermarché qui jaunit en une semaine, des tiges qui filent sur le rebord de fenêtre, des feuilles qui tombent dès les premiers froids : beaucoup de jardiniers renoncent vite. Ce n’est pas que le basilic soit capricieux, il reste simplement une plante de saison chaude qui supporte très mal le froid, au point que la première gelée peut le tuer. Pourtant, avec quelques réglages à l’intérieur, ce classique de la cuisine peut rester généreux toute l’année.
Pourtant le jeu en vaut la chandelle. Comme le rappelle Jackie Newgent, diététicienne, « les herbes sont fondamentalement des légumes-feuilles : ce sont les feuilles de certaines plantes », qu’on peut considérer comme de vrais aliments santé. Le basilic en particulier est gorgé d’antioxydants et deux cuillères à soupe de basilic frais haché apportent des vitamines A et K, du calcium, du magnésium et du potassium. Wendy Bazilian souligne aussi que ces herbes « donnent un goût délicieux aux aliments que nous devrions davantage consommer ». De bonnes raisons de l’installer dans la maison.
Les bonnes conditions pour un basilic en intérieur qui se porte bien
Le principe pour faire pousser du basilic en intérieur est simple : recréer les conditions d’un été doux au bord d’une fenêtre. Ocimum basilicum aime la chaleur, la lumière abondante, un sol riche mais léger et une humidité régulière. Même en pot, il a besoin de plein soleil, d’eau en quantité mesurée et d’un air ni trop sec ni trop frais. Tout l’enjeu consiste à doser ces paramètres dans votre cuisine ou votre salon.
Pour y arriver, les guides de culture intérieure donnent quelques repères simples. Placez le pot près d’une fenêtre exposée au sud ou à l’est, offrant au moins six heures de lumière directe par jour. En hiver ou dans une pièce sombre, une lampe horticole à quelques centimètres du sommet des feuilles peut prendre le relais pendant une douzaine d’heures. Côté température, visez entre 18 et 25 °C, sans descendre sous 12 °C, dans un terreau pour plantes aromatiques bien drainé, avec une couche de billes d’argile au fond du pot.
Semis, boutures et rempotage pour installer le basilic dans la maison
Pour démarrer votre basilic, trois voies sont souvent citées : semer, bouturer ou acheter un jeune plant en jardinerie. Pour les semis, remplissez de petits godets d’un substrat spécial semis humidifié, déposez trois ou quatre graines par pot à environ un demi centimètre de profondeur, puis recouvrez légèrement. Gardez au chaud sous un film plastique pour conserver l’humidité. Les premières vraies feuilles apparaissent en général au bout d’environ une semaine.
Pour bouturer, les recommandations sont simples : coupez une tige de 10 à 15 cm juste sous un nœud, retirez les feuilles du bas, puis placez-la dans un verre d’eau en lumière vive mais indirecte. Quand les racines atteignent 2 à 3 cm, installez la bouture dans un pot de 10 à 15 cm rempli de terreau riche, en laissant une seule plante par contenant. Arrosez pour humidifier, puis en période de croissance, donnez un engrais liquide équilibré dilué toutes les quatre à six semaines, plus rarement en hiver.
Entretenir et renouveler le basilic pour en profiter toute l’année
Le succès passe ensuite par l’arrosage et la récolte. Gardez le terreau légèrement humide en arrosant dès que la surface sèche au toucher, sans laisser d’eau stagner dans la soucoupe. Pour cueillir, pincez les tiges au sommet au-dessus d’une paire de feuilles afin de favoriser la ramification et de retarder la floraison.
Un pied de basilic reste productif environ six mois à un an, puis les tiges durcissent et le parfum diminue. À ce moment, prenez des boutures ou refaites des semis pour relancer la plante. En hiver, évitez l’air sec, posez le pot sur des graviers humides et prolongez légèrement l’éclairage artificiel les jours sombres.