À Soulac-sur-Mer, le paysagiste Frédéric Merlin repense entièrement ce jardin en bord de mer, le résultat est spectaculaire

La problématique

Ce jardin d’environ 800 m2 est composé de deux parties : une à l’avant, côté mer, l’autre derrière la maison. Deux problèmes se posaient : le vis-à-vis avec la rue qui se trouve entre la plage et le jardin, et les tempêtes en hiver.

L’enjeu était de créer un espace de vie sur la terrasse et de creuser le sol pour descendre le niveau du terrain, afin de voir l’océan plutôt que la route et le trottoir.

Avant

Le jardin côté océan ne disposait d’aucun espace de vie. Pas du tout exploité, il y avait juste un passage pour aller à la maison. De plus, le vis‑à‑vis était important sur la façade et le côté droit, et ne permettait aucune intimité.

Pour protéger le jardin et les nouvelles plantations, Frédéric Merlin a gardé uniquement la haie d’elaeagnus qui fait barrage au vent et  aux regards.

Après

Complètement transformé, le nouveau jardin se fond dans l’univers de l’océan, avec des végétaux qui supportent le sable et les tempêtes en hiver.

Il apparaît comme une continuité de la plage avec ses volumes de sable et des circulations en bois rappelant les dunes et les chemins qui mènent au bord de mer. La terrasse est à présent isolée des regards et du vent.

Idées de paysagiste

Frédéric Merlin privilégie les mélanges de verts, de feuillages et de volumes. Il apporte une touche exotique au jardin qui permet de s’évader, d’être dépaysé, tout en respectant la végétation typique de la région.

Le jeu entre les hauteurs de plantes est d’une grande délicatesse, tout comme le dessin des chemins de bois. La taille des végétaux structure les espaces sablonneux.

Différence de volumes

Le paysagiste a travaillé sur les végétaux, mettant en avant leurs différentes formes et nuances de verts et créant un contraste entre ceux qui sont taillés et ceux qui sont plus libres et légers, comme les tamaris et les graminées.

Le jardin comporte des espèces à feuillage persistant qui ne demandent pas trop d’entretien. Le choix de plantes basses et d’autres plus hautes donne du rythme à la surface.

Garder l’esprit de la plage

La maison – une soulacaise – semble comme posée sur la plage. On est à la fois à l’abri de la rue qui longe le rivage, de la plage elle‑même, du monde en été…

En même temps, avec l’utilisation du sable et du bois, le bâtiment semble comme posé sur la plage. C’est un jardin en parfait accord avec le style de l’océan Atlantique.

Les choix du paysagiste

Selon les propres termes du paysagiste, c’est une scénographie de vie qui a influencé les choix de Frédéric Merlin dans la création de ce jardin. Les chemins de bois rejoignent la plage à partir de la maison. Un cheminement en décroché évite le vis‑à‑vis direct entre le portil‑ lon et le bâtiment. On a créé une terrasse pour les bains de soleil durant la journée et pour les moments de détente, le soir au coucher du soleil.

Pour préserver l’intimité des habitants, des végétaux ont été plantés en périphérie. Les plantes basses (graminées, yuccas, westringias…) sont installées au centre du jardin, surtout le long des allées. Les étendues de sable sont pensées en volumes. Si les côtés du terrain sont végétalisés, la perspective sur l’océan est préservée.

Exotisme

Au premier plan une cordyline, de la famille des Agavacées, située à proximité de l’habitation pour être protégée du vent l’hiver. Supportant bien les embruns, elle est donc idéale dans un jardin côtier. Avec son allure de palmier, elle apporte à l’ensemble une touche d’exotisme et de verticalité.

Coin abrité

La terrasse réalisée en douglas se termine par de grosses traverses de bois sur lesquelles on peut s’asseoir. Elles permettent également de retenir le sable.

À cet endroit, on a privilégié une végétation plus importante pour rendre l’espace cosy et enveloppant : romarin rampant, westringia ou romarin d’Australie, yucca, laurier-rose, gauras, chêne vert, Pittosporum tobira.

Paravent

À l’arrière de la maison, un rideau de chênes verts palissés persistants, agrémenté pour la partie basse par des lauriers-roses et des Phormium tenax (très faciles d’entretien et insensibles au vent), dissimule la vue sur le parking.

Une conception signée par : Frédéric Merlin Les Jardins de la Pointe  20 chemin de la Franque,  33590 Grayan. Tél. 06 40 63 90 77. Lesjardinsdelapointe.com