Le pitaya, ou fruit du dragon, attire tout de suite par sa peau rose ou jaune et sa chair mouchetée de graines noires. Mais derrière ce look spectaculaire, les jardiniers qui veulent en planter découvrent vite un autre défi : choisir la bonne variété parmi une foule de noms parfois très rock’n’roll.
Car tous les pitayas ne se ressemblent pas. Certains sont très sucrés, d’autres plus acidulés, la chair va du blanc au violet profond, et les besoins de pollinisation changent selon les cultivars. Issus surtout de cactus du genre Selenicereus, à chair blanche, rouge ou jaune, ils offrent un terrain de jeu immense. Et dans cette jungle de noms, 11 variétés sortent vraiment du lot.
Comment choisir les meilleures variétés de pitaya pour votre jardin
Pour trier, un premier repère reste l’indice Brix, qui mesure le sucre. Autour de 18 à 19 degrés Brix, on parle déjà de fruits très savoureux. C’est le cas de ‘Lisa’ (18), de ‘Physical Graffiti’ (un peu moins de 18), de ‘Sugar Dragon’ (18 ou plus) et de ‘Purple Haze’ qui grimpe à 19. ‘Purple Haze’ offre d’ailleurs des arômes rappelant le raisin et le kiwi, avec de gros fruits ovales de 450 g à 1 kg.
Autre critère clé : la pollinisation. Beaucoup de variétés sont autostériles, comme ‘Lisa’, ‘Physical Graffiti’ et ‘Purple Haze’ – il leur faut absolument un autre pitaya à proximité. ‘Physical Graffiti’ demande même un pollinisateur à chair rouge. ‘Sugar Dragon’, très productif, est souvent choisi pour ce rôle, en plus de ses petits fruits rouge violacé au goût de baies. Sans oublier le climat : ‘Lisa’, issue de Selenicereus monacanthus, montre une bonne tolérance à la chaleur comme au froid grâce à ses tiges au voile grisâtre.
11 variétés de fruit du dragon à ne pas manquer
Chez les pitayas à chair rouge ou violette, plusieurs stars se démarquent. ‘Lisa’ donne des fruits rouges d’environ 1 livre, soit près de 450 g, très parfumés et bien notés lors de tests de dégustation à l’Université de Californie à San Diego. ‘Purple Haze’, clin d’œil au titre de Jimi Hendrix Purple Haze, produit de gros fruits sucrés, tandis que ‘Dark Star’ atteint lui aussi 19 degrés Brix. ‘Physical Graffiti’, nommé d’après l’album de Led Zeppelin Physical Graffiti, offre une chair magenta très aromatique dans des fruits pouvant approcher 700 g. ‘Sugar Dragon’, plus petit mais extrêmement productif, enrobe une chair rouge pourpre au parfum de rose ou de fruits rouges.
D’autres variétés complètent idéalement cette base. ‘American Beauty’ séduit par sa chair rouge brillante, sucrée sans être écœurante. ‘Delight’ propose une chair rose claire et douce, facile à apprécier pour une première dégustation. ‘David Bowie’ et ‘Halley’s Comet’ portent plutôt sur de gros fruits à chair claire, avec pour ‘Halley’s Comet’ un indice Brix autour de 16,7 et un calibre très généreux. Pour changer du rose, ‘Colombiana’ et ‘Yellow Thai’, rattachées à Selenicereus megalanthus ou apparentés, exhibent une peau jaune à petites pointes et une chair blanche très sucrée, au prix d’un peu plus d’épines.
Associer plusieurs pitayas : combinaisons gagnantes et erreurs à éviter
Dans un jardin français, souvent en pot ou sous serre, l’idéal reste de combiner plusieurs cultivars. Une variété très sucrée comme ‘Purple Haze’ profite de la présence d’un pollinisateur généreux tel que ‘Sugar Dragon’. ‘Lisa’ offre une longue période de récolte, de juin à janvier, alors que ‘Physical Graffiti’ se cueille surtout de juillet à décembre : ensemble, ces variétés étalent la production tout l’été et l’automne, tout en assurant une bonne fécondation croisée.
- Pour un maximum de sucre, associer ‘Purple Haze’ (19 degrés Brix) et ‘Dark Star’ (19 degrés Brix).
- Pour la couleur et la productivité, miser sur ‘Sugar Dragon’, ‘American Beauty’ et ‘Physical Graffiti’.
- Pour une touche vraiment exotique, ajouter un pitaya jaune comme ‘Colombiana’ ou ‘Yellow Thai’ à une variété rouge.
Ces cactus grimpants ont besoin d’un support solide, de plein soleil et d’un sol très drainant. Des variétés vigoureuses comme ‘Physical Graffiti’ ou ‘Purple Haze’ demandent une taille régulière pour éviter l’enchevêtrement des tiges, alors que d’autres restent plus sages. Une fois la peau uniformément colorée et les bractées légèrement recourbées, la récolte peut commencer. Avec les bonnes associations de meilleures variétés de pitaya, le spectacle – et la récolte – deviennent vite addictifs.