5 conseils faciles pour un jardin d’automne écologique, y compris pour mieux ramasser les feuilles
Chaque automne, les tas de sacs remplis de feuilles s’alignent sur les trottoirs, alors que 5,7 millions de tonnes de déchets verts sont collectées chaque année en France. Dans bien des jardins, on considère ces feuilles comme une corvée à évacuer le plus vite possible. Pourtant, ce tapis coloré peut aussi devenir un allié précieux pour le sol, la faune et votre temps libre.
Entre sécurité, soin du gazon et respect de la vie sauvage, la frontière est mince entre bon nettoyage et sur-nettoyage. Le jardinier Pierre Le Cultivateur rappelle que les feuilles peuvent remplacer des produits du commerce, à condition de les utiliser au bon endroit et au bon moment. Cet automne, le bon geste écologique commence par la façon dont on les ramasse.
Ramasser les feuilles mortes là où elles posent vraiment problème
Sur les chemins, les allées et les trottoirs, les feuilles humides se transforment vite en patinoire. Les retirer régulièrement limite les risques de chute et évite aussi qu’elles ne bouchent les grilles d’évacuation d’eau de pluie. Dans le jardin, un autre point sensible reste le gazon : une couche continue de feuilles bloque la lumière et l’oxygène, retient l’humidité, favorise la mousse et peut laisser des plaques dégarnies.
Pierre Le Cultivateur recommande de surveiller l’épaisseur sur la pelouse : « Ça va empêcher l’herbe de respirer, donc dès que ça dépasse deux à trois centimètres d’épaisseur, on n’hésite pas à les retirer », détaille-t-il. L’idée est simple : ramasser à la main ou au râteau les feuilles des allées et du gazon, puis les déplacer vers des zones utiles du jardin, au lieu de les envoyer en déchetterie.
Transformer les feuilles mortes en paillage et en compost gratuits
Une fois ramassées, ces feuilles deviennent un excellent paillage naturel. « On va les mettre sur ses parcelles de potager, ça va protéger le sol du froid et limiter la pousse de mauvaises herbes« , note Pierre Le Cultivateur. Pour lui, ce tapis de feuilles remplace avantageusement les matériaux de paillage vendus en sac. Ce paillis se décompose plus vite que la paille, il faudra donc parfois le renouveler.
Au compost, les feuilles jouent un rôle clé de matière carbonée. Chaque fois que vous versez vos épluchures de légumes, vous pouvez ajouter un peu de feuilles mortes. « Vous pouvez les broyer ou les mettre directement, à raison d’un tiers par volume d’épluchures », précise le jardinier. Certains spécialistes préfèrent limiter le broyage pour préserver les insectes cachés dans les feuilles.
Un jardin d’automne écologique qui protège insectes et sol
Sous les arbres et les arbustes, les feuilles laissées en place profitent au sol et à la faune. Une couche allant jusqu’à 15 cm forme un humus riche et sert d’abri aux insectes auxiliaires. « Les coccinelles peuvent par exemple venir se cacher en dessous et elles peuvent après manger des pucerons qui peuvent attaquer les cultures », précise le jardinier. Selon une étude, enlever les feuilles fait reculer les populations d’araignées et de papillons.
Les feuilles mortes permettent de fabriquer un terreau très fin pour les semis. Il suffit de les entasser dans un sac de jardin percé de trous et légèrement humidifié : « Au bout d’un an, elles seront décomposées et on peut venir les tamiser afin de récupérer un terreau très fin », explique le jardinier. Pour un jardin d’automne écologique, l’idée est de moins jeter : garder des tiges et fleurs sèches pour la faune, dégager seulement les allées et le gazon trop couvert, utiliser le reste en paillage, compost ou sac de terreau de feuilles.