On pense souvent que ce sont les meubles ou le plan de travail qui font tout le style d’une cuisine. Pourtant, la crédence de cuisine peut, à elle seule, donner l’impression d’une pièce haut de gamme… ou d’un chantier arrêté trop tôt. Une ligne de carrelage mal placée, un joint mal choisi, et la cuisine paraît brouillonne, peu pratique, parfois même déjà démodée.
Dans son agence Gruver Cooley, la décoratrice d’intérieur Cathleen Gruver voit passer des cuisines fraîchement rénovées où tout semble réfléchi… sauf la crédence. Hauteur arrêtée trop tôt, motifs qui s’entrechoquent, prises électriques au mauvais endroit : les mêmes maladresses reviennent. Selon elle, quelques erreurs de crédence de cuisine suffisent à gâcher une rénovation coûteuse et à compliquer l’entretien au quotidien.
Ces erreurs de crédence de cuisine qui font paraître la pièce inachevée
Pour Cathleen Gruver, la faute numéro un reste la mini-crédence de quelques centimètres au-dessus du plan de travail. Elle la décrit ainsi : « Cela donne une impression de finition basique posée par un constructeur et laisse du placo peint là où les éclaboussures se concentrent », explique-t-elle. Autre écueil fréquent : « Le carrelage s’interrompt au milieu du mur, avec un bord brut, et c’est généralement là que le regard se fixe », observe-t-elle.
Pour corriger cet effet, la décoratrice conseille de monter la crédence pleine hauteur jusqu’aux meubles hauts, voire jusqu’au plafond quand il n’y en a pas. « Cela donne à la cuisine une impression de pièce terminée et pensée et c’est bien plus facile à nettoyer », précise-t-elle. Elle ajoute que « les bonnes lignes d’arrêt sont un angle rentrant, l’encadrement d’une fenêtre ou tout un mur », plutôt qu’un arrêt au milieu du mur.
Couleurs, motifs et joints : quand la crédence de cuisine vieillit trop vite
Sur les joints de carrelage, Cathleen Gruver se méfie particulièrement du blanc éclatant : « [Le] joint blanc vif paraît net le jour de la pose et devient terne en quelques mois, surtout dans une cuisine familiale utilisée tous les soirs », dit-elle. Elle préconise plutôt une teinte légèrement plus chaude que le carreau, ou un gris doux qui masque mieux les taches.
Sur le plan visuel, la décoratrice voit souvent trop de motifs dans la même pièce. « Je vois des propriétaires associer un carrelage très chargé en motifs et un plan de travail très marqué », raconte-t-elle. Selon elle, les surfaces se font alors concurrence et la cuisine paraît brouillonne. Son conseil : « choisir une seule vedette » et éviter aussi « le carreau du moment », regret qu’elle entend le plus quelques années plus tard.
Crédence de cuisine, entretien et prises : les détails que les décorateurs surveillent
Autre piège : le carrelage texturé ou fait main posé juste derrière la plaque de cuisson. Ces reliefs accrochent la graisse et se nettoient mal. Cathleen Gruver recommande plutôt une surface lisse émaillée ou une dalle sans joints derrière le point chaud. « Gardez le carrelage texturé pour un coin café, un mur de bar ou le pourtour, où il est admiré plutôt que récuré », conseille-t-elle.
Les prises et interrupteurs mal anticipés peuvent aussi ruiner une belle crédence. « Les prises et interrupteurs sont souvent une réflexion de dernière minute et se retrouvent éparpillés sur une crédence pourtant superbe », déplore Cathleen Gruver. Elle conseille de figer le plan électrique avant la pose et, si possible, d’utiliser un bandeau de prises sous les meubles hauts ou une barre encastrée. Pour vérifier votre projet, passez en revue ces erreurs récurrentes :
- Crédence trop basse
- Arrêt de carrelage bancal
- Joints trop blancs
- Motifs concurrents
- Texturé derrière plaque
- Carreau trop tendance
- Prises trop visibles