Ces guêpes jaunes et noires s’emballent près de la nourriture en automne : l’erreur que font encore trop de jardiniers

Dernières tomates à récolter, pommes qui tombent toutes seules, goûter sur la terrasse… et ces guêpes jaune et noir qui semblent surgir dès qu’un fruit éclate ou qu’un verre se remplit. Beaucoup de jardiniers ont l’impression qu’en fin de saison, les yellowjackets deviennent soudain « folles » dès qu’il y a de la nourriture.

Les services d’extension américains, comme l’University of Minnesota Extension ou l’Oregon State University Extension, confirment que l’automne change vraiment la donne. Les colonies sont alors à leur maximum et les ouvrières se tournent vers tout ce qui est sucré autour des humains. Comprendre ce basculement aide à adapter ses gestes au jardin.

Pourquoi les yellowjackets se collent à la nourriture en automne

Une colonie de yellowjackets ne commence pas la saison avec des milliers d’ouvrières. Au printemps, une seule reine fonde le nid, puis la population grimpe tout l’été. L’University of Minnesota Extension indique qu’un nid peut atteindre environ 5 000 individus à la fin de l’été, tandis que Mon Jardin Ma Maison rappelle qu’une reine peut produire plusieurs centaines, parfois plus de mille ouvrières. En septembre, on ne découvre donc pas un « nouveau problème » : on voit le résultat de mois de croissance silencieuse.

Le menu change aussi. Plus tôt dans la saison, les ouvrières chassent chenilles et mouches pour nourrir les larves. Virginia Tech, citée par AOL, explique qu’ensuite les adultes consomment des liquides produits par ces larves, puis se tournent vers le nectar, les fruits mûrs et toutes les sources de sucre. UMass Amherst note que les conflits augmentent en fin d’été, quand elles recherchent cette énergie rapide autour des pique-niques, glaces, sodas et autres restes de repas.

Yellowjackets au jardin : fruits, gamelles et déchets qui les attirent

AOL décrit un jardin d’automne comme un véritable buffet pour ces guêpes : pommes, poires, pêches, raisins ou framboises trop mûrs, fissurés ou tombés au sol offrent exactement le repas sucré qu’elles cherchent. Récolter vite ce qui est mûr, retirer régulièrement les fruits abîmés et ne pas laisser de tas de fruits fermenter sous les arbres réduit nettement la fréquentation des yellowjackets dans les zones où l’on se baisse et où l’on travaille longtemps.

L’autre gros aimant, ce sont nos propres aliments. Le site HouseDigest rappelle que « Les guêpes sont des mangeuses opportunistes, et si elles apprécient les choses sucrées comme le nectar, les boissons sucrées et la sève, elles ont aussi besoin de protéines, en particulier pour nourrir leurs jeunes ». Il ajoute : « Les guêpes mangent à peu près tout, même les croquettes de votre animal ». D’où l’importance, évoquée par Mon Jardin Ma Maison, de rentrer les gamelles après chaque repas, de stocker les croquettes dans un contenant fermé et de nettoyer miettes et coulures. Une gamelle d’eau, une soucoupe de pot ou une fuite de robinet servent aussi de point d’eau régulier. Santé Canada conseille en parallèle de garder les poubelles bien fermées et un peu éloignées, et les études de Futura montrent que des pièges sucrés posés près de la table peuvent au contraire faire office de panneau « buffet ouvert ici ».

Travaux d’automne, nids de yellowjackets et bons réflexes

Les yellowjackets installent souvent leurs nids dans d’anciens terriers de rongeurs, mais aussi dans des cavités de murs, des piles de bois ou des poutres creuses. Oregon State University Extension prévient que les colonies atteignent leur taille maximale en fin d’été et réagissent plus vivement aux dérangements. Passer la tondeuse au-dessus d’une entrée de nid, déplacer une bordure en bois ou débroussailler sans repérage peut déclencher une défense massive. L’University of Maryland Extension rappelle que les guêpes sociales émettent alors des phéromones d’alarme, ce qui attire d’autres ouvrières. Avant de retourner un coin peu fréquenté, mieux vaut observer une minute : un va-et-vient régulier au même endroit signale un nid à contourner.

Autour de la table, le réflexe compte tout autant. UMass Amherst recommande de rester immobile quand une ouvrière inspecte un fruit ou un sandwich plutôt que de la chasser à grands gestes. Une fois partie, on couvre ou on range la nourriture, on vérifie gobelets et canettes avant de boire, car une guêpe dans une boisson sucrée se voit mal. Ces insectes pouvant piquer plusieurs fois, ils sont responsables, selon Colorado State University Extension, de plus de 90 % des piqûres d’insectes dans certains états américains. Quand un nid se trouve loin des passages, les fiches d’Ask Extension rappellent que les colonies sociales ne durent qu’un an et disparaissent avec le froid, ce qui permet souvent de simplement éviter la zone. En revanche, un nid près d’une porte, d’un potager ou d’une aire de jeux, surtout en présence de personnes allergiques, justifie l’intervention d’un professionnel, comme le souligne l’entomologiste Louisa Messenger : « Nous les voulons dans l’environnement pour polliniser, mais nous ne voulons pas non plus qu’elles soient si proches de nous que nous risquions de nous faire piquer ».

Sources