Si vos plantes ont des petites mouches dans la terre, faites ceci pour les arrêter
Vous arrosez votre monstera, et aussitôt une nuée de petites mouches noires s’échappe du pot. Elles vont se coller aux vitres, tournent autour du canapé, reviennent à chaque arrosage. Dans la plupart des cas, ce ne sont pas des mouches de cuisine, mais des moucherons du terreau, aussi appelés sciarides.
Ces minuscules diptères pondent dans les premiers centimètres d’un substrat humide et riche en matière organique. Leurs larves se nourrissent de champignons, mais aussi des radicelles, ces petits poils qui permettent à la plante de boire. Une femelle peut pondre entre 50 et 300 œufs, et leur cycle complet dure deux à quatre semaines dans un salon chauffé. La bonne nouvelle, c’est qu’un simple ajustement d’arrosage change tout.
Pourquoi les petites mouches envahissent le terreau de vos plantes
Le point commun de toutes ces infestations, c’est un terreau détrempé. « L’excès d’arrosage est la principale cause d’infestation, car les larves ont besoin d’un sol humide pour survivre. Je recommande de laisser sécher les 5 centimètres supérieurs du sol entre deux arrosages, ce qui interrompt le cycle de vie des moucherons », explique Tony King, spécialiste de la lutte antiparasitaire. Le jardinier Luke Dejahang confirme : « Laisser le sol sécher peut perturber leur cycle de vie ».
Pour Charles Whitehead, directeur de Pearl Lemon Properties, « Il est important de modifier les méthodes d’irrigation, car les moucherons de champignon prospèrent dans un sol trop arrosé. Leur cycle de reproduction est interrompu si le sol est laissé à sécher complètement entre des arrosages périodiques ». Quand le terreau reste humide en permanence, les œufs éclosent en quelques jours, les larves grignotent les racines et la plante finit par dépérir en cas de forte attaque.
La méthode clé : laisser sécher la surface du substrat
Les experts s’accordent donc sur une méthode simple : contrôler l’humidité du substrat et laisser sécher la couche supérieure entre deux arrosages. Avant de prendre l’arrosoir, enfoncez un doigt dans la terre. Si les 2 à 3 centimètres de surface sont encore frais, attendez. Sur les pots plus grands, Tony King conseille même de laisser sécher jusqu’à 5 centimètres. Attention à ne pas laisser toute la motte se dessécher pour les espèces qui aiment une humidité constante.
Pour que cette sécheresse superficielle soit vraiment efficace, quelques réflexes quotidiens aident à couper le cycle des œufs et des larves.
- Vérifier la présence de trous de drainage sous le pot pour que l’eau puisse s’échapper.
- Arroser doucement jusqu’à ce que l’eau commence à sortir, puis vider la soucoupe ou le cache-pot après 30 minutes.
- Retirer les feuilles mortes et débris organiques en surface, qui nourrissent champignons et larves.
- Éviter de rajouter du marc de café ou un sable trop fin, qui gardent l’humidité et attirent les sciarides.
Pièges, traitements et prévention pour les moucherons du terreau
Pour faire baisser rapidement le nombre d’adultes qui volent dans le salon, Tony King recommande « ces plaques jaunes engluées très efficaces, car les moucherons adultes sont attirés par la couleur jaune ». Certains préconisent aussi des coupelles remplies de vinaigre de cidre avec quelques gouttes de liquide vaisselle, d’autres jugent ce piège peu utile. Dans tous les cas, ces solutions agissent surtout sur les adultes et pas sur les larves cachées dans le terreau.
Pour s’attaquer à la source, Tony King recommande le Bacillus thuringiensis israelensis appliqué avec l’eau d’arrosage : « Ce traitement est sans danger pour les plantes, les animaux et les humains, mais mortel pour les larves ». Luke Dejahang conseille aussi l’huile de neem, quand Le Parisien met en avant le rempotage et l’usage de nématodes auxiliaires. En prévention, on peut garder la surface des pots sèche avec de la cannelle en poudre ou une fine couche de petits cailloux, répétée pendant deux à trois semaines.