Si le droit pénal français consacre le principe de la liberté de la preuve, la force probatoire de la parole se heurte, dans le huis clos des violences sexuelles et intrafamiliales, à une impuissance structurelle. Face au défi du « parole contre parole » et aux réalités cliniques du trauma, l’application rigide des filtres procéduraux et la persistance du stéréotype de la « victime idéale » conduisent fréquemment à l’anéantissement du témoignage isolé. Entre la sanctuarisation légitime de la présomption d’innocence et le constat d’une victimisation secondaire désormais sanctionnée par la Cour européenne des droits de l’Homme, le procès équitable souffre d’une profonde asymétrie. En s’appuyant sur les récentes (…)
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