Dans beaucoup de foyers, le marc de café finit dans les massifs plutôt que dans la poubelle. On lui prête des vertus d’engrais naturel, riche en azote, phosphore et potassium, capables de booster les plantations du potager comme du jardin d’ornement. Ce geste paraît logique, économique et écologique, mais il n’a pas les mêmes effets sur toutes les espèces.
Le spécialiste Compo le rappelle clairement : « Pourtant, malgré ses avantages, le marc de café ne convient pas à toutes les plantes », écrit le spécialiste végétal. Son pH légèrement acide et la caféine qu’il contient peuvent déséquilibrer le sol et stresser certaines cultures. Dix plantes très courantes au jardin supportent mal ce traitement, qu’il s’agisse de bulbes de printemps, d’une star méditerranéenne ou même d’un fruitier familier.
Pourquoi le marc de café peut nuire à certaines plantes du jardin
Employé en petite quantité, le marc apporte une matière organique fine, riche en azote, phosphore et potassium, qui nourrit les micro-organismes du sol. Son côté acide fait baisser le pH de la couche superficielle, surtout lorsque le sol est léger et peu tamponné. Les plantes de terre de bruyère comme les hortensias ou les rhododendrons l’acceptent assez bien, alors que celles qui aiment un sol neutre à calcaire se retrouvent dans un terrain soudain trop acide.
La caféine et certains composés du café ont montré un effet inhibiteur sur la germination et la croissance de racines très fines. Les semis, jeunes plants et boutures réagissent donc mal à un contact direct avec le marc, même en faible quantité. En surface, une couche compacte garde l’humidité, se dessèche en croûte et peut asphyxier les racines.
Les 10 plantes du jardin qui supportent mal le marc de café
Les plantes les plus sensibles partagent les mêmes goûts : elles aiment les sols drainés, parfois calcaires, et craignent l’excès d’humidité. Un apport répété de marc de café rend alors la terre plus acide, plus compacte et moins respirante. La liste qui suit, issue des recommandations du commerce spécialisé et de l’article du média allemand Focus, regroupe dix espèces du jardin à tenir à distance du marc utilisé comme engrais.
- Crocus
- Tulipes
- Narcisses
- Campanule
- Asters
- Chrysanthèmes
- Clématite
- Pommier
- Lavande
- Carottes
Les crocus, tulipes et narcisses, bulbes de printemps typiques, préfèrent une terre légère qui ne s’acidifie pas trop. Lavande, campanule, asters et chrysanthèmes viennent de milieux secs ou pierreux : ils redoutent un sol tassé et humide, propice au pourrissement des racines. La clématite et le pommier possèdent un système racinaire sensible aux déséquilibres du pH. Quant aux carottes, un apport direct de marc et d’humus frais favorise les fourches, les déformations et certaines maladies.
Comment utiliser le marc de café sans abîmer votre jardin
Pour limiter les risques, les spécialistes conseillent de toujours faire sécher le marc sur une soucoupe avant de l’épandre. Une fois bien friable, il se mélange en fine poussière à la terre ou au compost, sans former de croûte. Mieux vaut l’utiliser avec parcimonie, en très fine couche et non en tapis continu. Les jeunes plants, semis et repiquages, toutes espèces confondues, gagnent à en être totalement préservés.
Un test de pH, grâce à des bandelettes vendues en jardinerie, aide à savoir si la terre est déjà acide avant d’ajouter du marc. Dans les massifs de plantes acidophiles comme les hortensias ou les rhododendrons, il peut rendre service à condition d’être incorporé au sol ou au compost, en petite quantité. À l’inverse, près d’une lavande, d’un pommier ou d’un rang de carottes, on s’abstient. Dès qu’une plante aime la sécheresse, le calcaire ou débute sa vie, le plus sûr reste de garder le marc de café pour le compost.