Ces 6 arbustes très populaires ravagent votre jardin et attirent les tiques : ce qu’il vaut mieux planter à la place

On parle peu du remords du jardinier, pourtant il existe. Un arbuste qui étouffe les massifs, une haie devenue ingérable, un buisson qui attire les tiques ou ne nourrit presque pas les oiseaux… Ces erreurs se jouent souvent au moment de l’achat, bien avant que la plante ne prenne toute son ampleur.

Avant de craquer pour un bel arbuste en jardinerie, il vaut la peine de savoir lesquels font partie de ces arbustes envahissants à éviter. Certains se ressèment partout, d’autres deviennent deux fois plus grands que prévu, ou posent souci pour la biodiversité. Voici 6 cas fréquents, et des alternatives plus sages à adopter.

Arbustes envahissants : pourquoi ils finissent par décevoir

On regrette rarement un arbuste parce qu’il manque de fleurs, mais plutôt parce qu’il prend trop de place, demande des tailles constantes ou perturbe le petit écosystème du jardin. Un buisson à baies peu nutritives, ou toxiques, attire moins les oiseaux. Une haie trop dense peut même devenir un refuge apprécié des tiques.

Avant de planter, quelques signaux doivent alerter. Un arbuste est souvent source de remords quand :

  • il se ressème massivement autour de lui ;
  • sa taille adulte dépasse largement l’espace disponible ;
  • il n’offre ni abri ni nourriture adaptés à la faune locale ;
  • il impose des tailles fréquentes alors que l’OFB et la LPO déconseillent d’intervenir du 16 mars au 15 août.

Six arbustes à problèmes et de meilleures options à la place

Le troène de Chine (Ligustrum sinense) séduit par ses petites fleurs blanches et son feuillage dense, mais ses racines vigoureuses et ses semis spontanés en font un buisson envahissant, très difficile à éradiquer une fois installé. Une option plus sûre est le laurier des montagnes (Kalmia latifolia), au feuillage persistant et aux bouquets de fleurs estivales, qui reste sage s’il bénéficie d’un sol frais et acide. L’épine-vinette du Japon (Berberis thunbergii) attire aussi par ses couleurs d’automne et ses baies rouges que les chevreuils boudent, sauf que ses buissons épineux forment vite des fourrés impénétrables, propices aux tiques porteuses de la maladie de Lyme. Mieux vaut la remplacer par des houx indigènes comme le houx verticillé (Ilex verticillata) ou le houx d’Amérique (Ilex glabra), très utiles à la faune.

Le fusain ailé (Euonymus alatus) impressionne par son rouge d’automne, mais ses baies disséminées par les oiseaux lui permettent de former des fourrés hors du jardin, au point que sa plantation est interdite dans certains Etats américains ; pour un effet similaire, l’itéa de Virginie (Itea virginica) ou l’aronie rouge (Aronia arbutifolia) offrent feuillage écarlate et grappes de fleurs blanches. L’althéa (Hibiscus syriacus), souvent limité à tort sur les étiquettes, peut atteindre 8 à 12 pieds de haut et 4 à 6 pieds de large, avec une profusion de graines ; l’hibiscus des marais (Hibiscus moscheutos) garde les fleurs géantes sans envahir. Le buddléja de David (Buddleja davidii) attire les papillons par son nectar, mais ne nourrit pas leurs chenilles ; des arbustes indigènes comme l’itéa de Virginie ou le bois-bouton (Cephalanthus occidentalis) apportent à la fois nectar, abri et nourriture. Quant au loropétale de Chine (Loropetalum chinense), donné pour 6 à 8 pieds, certains sujets atteignent 20 pieds ; mieux vaut des variétés naines comme ‘Purple Diamond’ ou ‘Purple Pixie’ si l’espace est compté.

Choisir de meilleurs arbustes et préparer le jardin pour l’hiver

Si vous cherchez surtout de la couleur, des arbustes comme l’hamamélis, qui fleurit entre janvier et mars, ou le cornouiller à bois rouge aux rameaux écarlates restent décoratifs tout l’hiver sans devenir envahissants. Plantés entre fin août et fin septembre, ils ont le temps d’enraciner profondément.

Un sol préparé et un paillage de 5 à 8 centimètres limitent l’arrosage et les adventices. Prendre ce temps de réflexion avant l’achat change le visage du jardin.

Sources