Les hortensias, gourmands en eau ? Beaucoup de jardiniers en sont persuadés, surtout depuis les canicules répétées qui font griller les massifs entiers. Dans ce contexte, l’idée de cultiver un hortensia presque sans arrosage ressemble à un pari perdu d’avance. Pourtant, à Cerizay, près de Bressuire, un Hydrangea macrophylla venu d’Asie défie les fortes chaleurs et bouscule cette certitude.
À l’origine de cette histoire, Josiane Connué et Gérard Connué. Il y a cinq ans, lors d’une balade en Bretagne, Josiane Connué se souvient : « Nous étions en promenade du côté de Vannes, explique Josiane au journal La Nouvelle République. J’ai vu ces deux petites boutures, de toute beauté, et je les ai plantées ici. Très vite, elles se sont développées, au point que j’ai dû déplacer l’une d’elles pour que la première s’épanouisse ». Aujourd’hui, la touffe approche les 6 mètres de circonférence et Josiane Connué affirme : « Je ne l’arrose jamais ».
Un hortensia d’Asie réputé fragile face à la chaleur
Hydrangea macrophylla, l’hortensia classique aux grosses têtes rondes, est pourtant loin d’être une plante de désert. La Société Nationale d’Horticulture de France rappelle que cet arbuste, originaire de Chine et du Japon, pousse dans des sous-bois clairs, au sol frais et humifère. Dans les jardins, il supporte mal les épisodes supérieurs à 35 °C associés à plusieurs semaines sans pluie, même lorsqu’il reçoit des arrosages réguliers.
Des experts s’inquiètent pour l’avenir des hortensias dans les régions où ces épisodes deviennent fréquents, au point de déconseiller de les planter en plein soleil dans les zones les plus chaudes. Un hortensia reste une plante de sol profond, riche en matière organique, qui garde mieux l’humidité qu’un terrain caillouteux. Quand ces conditions sont réunies, la plante développe un système racinaire capable d’explorer le sol en profondeur et son besoin d’arrosage diminue.
À Cerizay, un Hydrangea macrophylla géant que l’on n’arrose jamais
Dans le jardin de Cerizay, le cas de Josiane Connué et Gérard Connué illustre ce que peut donner un hortensia bien installé. La bouture prélevée sur un chemin creux près de Vannes a pris, en cinq ans, une ampleur spectaculaire, au point d’occuper environ 6 mètres de circonférence. Pour Josiane Connué, le constat est clair : « Je ne l’arrose jamais », même lors des vagues de chaleur qui touchent les Deux-Sèvres.
Ce récit ne prouve pas qu’il existe un hortensia « magique », mais il montre ce qu’un Hydrangea macrophylla bien installé peut supporter. Dans un jardin, un arbuste planté depuis plusieurs années, cultivé dans un sol travaillé et nourri de compost, placé à l’abri du soleil brûlant de l’après-midi et protégé des vents desséchants aura besoin de beaucoup moins d’eau. Chaque détail limite le recours à l’arrosoir et rapproche de cette impression d’hortensia sans arrosage.
Garder un hortensia en forme pendant les fortes chaleurs avec peu d’eau
Lorsque les feuilles pendent en plein après-midi, beaucoup sortent l’arrosoir, parfois en plein soleil. Des spécialistes expliquent que ce réflexe fatigue l’hortensia pendant la canicule, surtout quand le thermomètre frôle les 34 °C. L’eau versée s’évapore vite et crée un choc thermique. Mieux vaut d’abord tester la terre en enfonçant le doigt sur 3 ou 4 cm : si le sol reste frais, l’arbuste n’a pas vraiment soif.
Quand le sol est sec en profondeur, l’arrosage devient utile, mais au bon moment. On conseille d’arroser tôt le matin, avant 8 h, ou en soirée entre 19 h et 21 h, directement au pied de l’arbuste, sans mouiller le feuillage. Un hortensia enraciné se contente de 10 à 15 litres, donnés deux ou trois fois par semaine selon la chaleur. Un paillage de 5 à 7 cm au pied, avec broyat de branches, feuilles mortes ou tontes sèches, limite l’évaporation. Dans ces conditions, même si les périodes au-dessus de 35 °C et sans pluie restent délicates, l’hortensia tient mieux et l’arrosoir sort moins souvent.