Avec son vol qui rappelle celui d’un papillon et sa crête orangée, la huppe fasciée ne ressemble à aucun autre oiseau. Longtemps fragilisée, cette espèce des régions chaudes semble aujourd’hui retrouver du terrain. Mais où vit-elle encore et pourquoi revient-elle en France ?
La huppe fasciée, l’oiseau qui vole comme un papillon
Difficile de confondre la huppe fasciée lorsqu’elle traverse un paysage. En vol, ses ailes larges et arrondies battent de façon irrégulière, donnant à cet oiseau une trajectoire ondulante qui évoque étonnamment celle d’un grand papillon. À faible hauteur, cette silhouette aux plumes orangées charme quiconque l’aperçoit.
Quand elle n’est pas en train de battre des ailes dans le ciel, la huppe change d’allure au sol. Elle avance avec vivacité, fouillant la terre de son long bec pour y trouver des insectes et des larves. Solitaire par nature et plutôt discrète, elle reste à distance des humains. Mais lorsqu’un danger approche, sa huppe orangée se dresse brusquement. Elle peut alors gagner les arbres d’un vol rapide et surprenant.
Le grand retour de la huppe fasciée en France ?
Amatrice de chaleur et de terrains secs, la huppe fasciée est surtout une habitante du sud de l’Europe. En France, elle se rencontre principalement au sud d’une ligne Rennes-Grenoble, tandis que les populations les plus importantes se concentrent autour de la Méditerranée et de la mer Noire. En hiver, beaucoup retournent en Afrique subsaharienne.
Après un recul important entre 1989 et 2001, ses effectifs français progressent lentement. L’intensification agricole et l’usage massif de pesticides avaient contribué à son déclin, avant une stabilisation des populations européennes au début des années 2000. En France, la hausse des températures pourrait désormais favoriser son installation dans de nouvelles régions, selon la LPO.
La huppe fasciée gagne du terrain dans cette région
Cette évolution se remarque aussi en Île-de-France, où la huppe reste pourtant très localisée. À quelques dizaines de kilomètres de Paris, la forêt de Fontainebleau accueille l’un des derniers bastions franciliens de la huppe fasciée. L’oiseau niche surtout dans le sud-est de la région. On peut aussi l’observer à Moisson et, plus rarement, dans la forêt de Rambouillet, dans les Yvelines.
La huppe fasciée est rare en Île-de-France : en 2014, seuls 10 à 20 couples étaient recensés. Mais ses effectifs semblent remonter progressivement. Son classement régional a d’ailleurs évolué : en 2011, elle était considérée comme « en danger critique d’extinction ». En 2018, elle était classée « en danger », toujours d’après la LPO.