Au retour du printemps, voir une silhouette piquante traverser la pelouse reste un moment magique pour la famille. Le Hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus) rend pourtant un service concret au jardinier en dévorant limaces, escargots et vers blancs. En France, il fait partie des espèces totalement protégées depuis l’arrêté du 23 avril 2007 : il est interdit de le capturer, de le transporter ou de le garder en captivité. Accueillir cet allié au jardin demande donc quelques règles précises.
Pour attirer les hérissons dans votre jardin, tout se joue autour de trois axes : un abri sûr, une nourriture adaptée et l’élimination des dangers cachés. Ce guide s’appuie sur les recommandations de la Ligue de protection des oiseaux, de naturalistes et de sites comme Jardiner Malin pour proposer une check-list prête à l’emploi. L’objectif est de transformer un jardin ordinaire en jardin refuge pour hérisson, sans le domestiquer ni le mettre en danger.
Aménager un jardin refuge pour le Hérisson d’Europe
Un hérisson choisit les jardins où il trouve des cachettes et un sol vivant. Tas de feuilles, de branchages, haies épaisses, herbes hautes et compost offrent des abris pour se reposer ou élever les petits. En adoptant le principe du zéro pesticide, comme le conseille la Ligue de protection des oiseaux, on protège ce mammifère très sensible aux produits chimiques et les insectes dont il se nourrit.
Pour un gîte structuré, une caisse en bois retournée ou une cabane en planches suffit, à condition de la placer sous une haie ou contre un mur, à l’abri du vent, de la pluie et du soleil direct. Les naturalistes indiquent que ces abris servent à l’hibernation entre novembre et avril selon les régions. Il vaut mieux laisser l’intérieur vide : le hérisson y apportera lui-même feuilles et brindilles.
Nourrir et observer les hérissons sans les apprivoiser
« Mais même s’il est apprécié par toute la famille et qu’il vient tous les soirs faire un tour dans le jardin, il ne faut pas oublier qu’il reste un animal sauvage », avertit la Ligue de protection des oiseaux (LPO). On observe donc à distance, sans flash ni caresses, près d’un nid comme ailleurs. Pour suivre l’espèce, la LPO a lancé la Mission hérisson ; son objectif est « Étudier les évolutions de population du Hérisson d’Europe sur plusieurs années », précise la Ligue de protection des oiseaux, au moyen de « tunnels à hérissons ».
Côté nourriture, la base reste la chasse nocturne : insectes, limaces, escargots, vers. Selon Jardiner Malin, un adulte avale 70 g par nuit. La LPO conseille de ne compléter qu’en cas de disette ou de sécheresse, avec des croquettes pour chat ou chien, un peu de viande cuite et de l’eau. Jamais de lait ni de pain, rappelle le site Jardiner Facile, sous peine de troubles digestifs.
Supprimer les dangers cachés dans votre jardin
Les fiches LPO recommandent de sécuriser piscines avec une planche pour remonter, de retirer filets au sol, grillages bas, boîtes et verre brisé, et de vérifier tas de feuilles avant tondeuse ou feu. Percer des ouvertures de 10 à 15 cm dans les clôtures crée des autoroutes à hérissons entre jardins.