En juin, entre deux roses, une petite fleur en trompette blanche ou rosée grimpe soudain sur le grillage. Beaucoup de jardiniers la prennent pour une ipomée ou une gentille fleur sauvage et la laissent s’installer.
Des spécialistes du jardin tirent la sonnette d’alarme pour ce mois de juin, moment clé où cette plante se repère facilement avant de tout envahir. « Arrachez dès que vous les repérez les mauvaises herbes vivaces, comme le chiendent et le liseron », a conseillé le site Gardeners’ World. La « fleur » à surveiller de près n’est autre que le liseron, une mauvaise herbe vivace très tenace.
En juin, le liseron, mauvaise herbe cachée sous une jolie fleur
Deux espèces posent surtout problème au jardin : le liseron des champs et le liseron des haies. Leurs fleurs en entonnoir blanches ou roses rappellent les ipomées ornementales, d’où la confusion. La Royal Horticultural Society a résumé ce paradoxe : « Le liseron des haies et le liseron des champs sont deux fleurs sauvages indigènes du Royaume-Uni, bénéfiques pour la faune grâce à leurs jolies fleurs en entonnoir blanches et roses, mais souvent malvenues au jardin à cause de leurs racines traçantes et de leurs tiges volubiles », a expliqué la RHS.
Ces liserons démarrent leur croissance dès la fin de l’hiver, accélèrent au printemps et commencent à fleurir à partir de juin, parfois jusqu’en septembre. C’est souvent à cette période que les jardiniers remarquent leurs tiges volubiles qui s’enroulent autour des rosiers, arbustes ou clôtures. Laisser les fleurs monter en graines change pourtant tout : un seul plant peut produire 500 à 600 graines par an, capables de rester viables dans le sol pendant 40 à 50 ans.
Reconnaître le liseron au jardin et mesurer son pouvoir envahissant
Pour repérer le liseron au premier coup d’œil, il suffit d’observer les feuilles et le port. Le liseron des champs présente de petites feuilles en forme de flèche, celui des haies des feuilles plus grandes et triangulaires, toujours portées par des tiges qui s’enroulent en spirale sur un support. L’ipomée décorative vendue en sachet, elle, est une annuelle semée volontairement, qui apparaît en groupe là où on l’a installée.
Le liseron est surtout une vivace dotée de rhizomes profonds en forme de longs spaghetti pouvant s’étendre jusqu’à environ 7 à 8 mètres. Un seul pied peut couvrir 5 à 6 m² en fin de saison et repousser à partir de minuscules fragments de racines. Ces tapis végétaux privent les autres plantes d’eau, de lumière et de nutriments et favorisent les attaques de pucerons ou de cochenilles.
Comment déterrer le liseron en juin sans aggraver l’invasion
Les experts de Gardeners’ World recommandent d’agir dès que les premiers tours de tige apparaissent au pied d’une plante ou d’une clôture. L’objectif est d’extraire un maximum de racines en profondeur : on ouvre un trou suffisant, puis on tire doucement sur le faisceau de rhizomes, en évitant tout outil tranchant qui les sectionnerait. Ce travail demande de la patience et doit être répété régulièrement dès qu’une nouvelle pousse revient.
Les racines fraîchement arrachées ne doivent jamais finir au compost tant qu’elles sont encore vivantes ; mieux vaut les laisser sécher au soleil jusqu’à ce qu’elles cassent net, ou les évacuer en déchetterie. Dans les zones très envahies, certains jardiniers posent une bâche opaque ou une épaisse couche de cartons et de paillage pendant 18 à 24 mois pour épuiser les réserves du liseron, puis améliorent la structure du sol avec compost mûr et engrais verts.