Nouvelle alerte canicule annoncée, et déjà les petites mésanges cherchent un coin frais pour boire et se baigner. Dans beaucoup de jardins, une soucoupe d’eau est posée à la hâte. Geste plein de bonne volonté, mais sans nettoyage quotidien, ce bassin peut se transformer en piège mortel en quelques jours.
Les fiches de la LPO et de l’Office Français de la Biodiversité, relayées par Modes & Travaux, rappellent que la mésange bleue (Cyanistes caeruleus) et la mésange charbonnière (Parus major) avalent chaque jour des dizaines de chenilles tout en nourrissant leurs nichées. Face à la canicule, quelques aménagements très simples peuvent vraiment faire la différence. Encore faut-il les appliquer au bon endroit.
Nettoyage quotidien de l’abreuvoir : le geste canicule validé par la LPO
Pour une vague de chaleur, les conseils des refuges LPO convergent : installer un point d’eau très peu profond, 3 à 4 cm maximum, avec un fond large et quelques cailloux pour que les jeunes mésanges puissent se percher. Placé à l’ombre et à distance des buissons où un chat pourrait guetter, cet abreuvoir devient leur véritable fontaine de secours.
Le point clé, c’est le bannissement de l’eau stagnante à bannir. Les documents de la LPO précisent que l’eau doit être renouvelée chaque matin, voire une seconde fois en fin de journée si le bac s’est vidé. Un rapide brossage du fond élimine fientes et débris, et la LPO conseille aussi de multiplier les petits points d’eau pour éviter les attroupements.
Eau stagnante pour les mésanges : maladies, moustiques et vraie hécatombe
Autour d’un bain d’oiseaux mal entretenu, les microbes se transmettent très vite par les fientes et les éclaboussures. La LPO alerte depuis des années sur la trichomonose, liée au parasite Trichomonas gallinae, et sur la salmonellose. Au Royaume-Uni, les suivis du British Trust for Ornithology et du programme Breeding Bird Survey ont montré qu’une épidémie de trichomonose apparue vers 2005 avait fait chuter certains verdiers d’environ 35 %.
Les antennes régionales de la LPO rappellent aussi qu’une simple soucoupe d’eau oubliée devient en été une nurserie à moustique tigre. Au bout de quelques jours, larves et pupes pullulent à la surface, avec à la clé un risque pour le voisinage. Les mésanges, elles, ne voient qu’un point d’eau, sans se douter du cocktail de parasites qui s’y concentre.
Bien nettoyer l’abreuvoir des oiseaux en été : mode d’emploi sans erreur
Pour limiter ces risques, la LPO recommande une hygiène simple mais régulière. Une fois par semaine, on vide complètement le récipient, on le frotte à la brosse avec de l’eau et un peu de savon de Marseille ou savon noir. Si des oiseaux malades ou blessés ont été vus, la LPO préconise une désinfection à l’eau de Javel très diluée, dans l’eau froide, suivie d’un rinçage abondant et d’un séchage complet.
- Chaque matin, vider l’eau, passer un coup de brosse rapide et rincer.
- Remplir avec de l’eau propre jusqu’à 3 ou 4 cm de hauteur seulement.
- Si la fréquentation est forte, recommencer en fin d’après-midi.
Autre réflexe validé par la LPO : arrêter le nourrissage artificiel hors période froide, en réduisant boules de graisse et graines sur sept à dix jours entre fin mars et début avril. Cela limite la promiscuité autour des mangeoires et des points d’eau. Si plusieurs oiseaux morts sont découverts, la LPO et l’Office Français de la Biodiversité conseillent de retirer temporairement abreuvoirs et mangeoires, de les désinfecter, puis de signaler la mortalité.