Monty Don alerte : agissez dès maintenant pour éviter que vos plantes ne souffrent cet hiver

Les feuilles commencent tout juste à jaunir que, déjà, l’hiver se prépare en silence. Au jardin, certaines plantes encaisseront sans broncher les rafales et le froid humide, d’autres risquent la casse, les maladies, voire la disparition. Parmi les plus exposées, ces longues tiges couvertes d’épines qui grimpent sur nos façades ou nos pergolas : mal préparées, elles peuvent transformer un simple coup de vent en véritable chantier.

C’est précisément ce qui inquiète Monty Don, le jardinier star de la BBC et de l’émission Gardeners’ World. À 68 ans, il vient de lancer un avertissement clair sur son blog : un geste simple à faire dès maintenant sur un type de plante bien précis, sinon l’hiver laissera des traces durables au jardin. Ce geste tient en grande partie à la manière de gérer vos rosiers grimpants.

Pourquoi tailler les rosiers grimpants en octobre évite les dégâts de l’hiver

Dans son billet, Monty Don écrit : « Taillez les rosiers grimpants. Les rosiers grimpants fleurissent sur des pousses formées le même printemps, ils peuvent donc être taillés sévèrement maintenant ». Autrement dit, intervenir en octobre, une fois la grosse chaleur passée, ne compromet pas la floraison : au contraire, cela prépare les bouquets de l’été prochain. La Royal Horticultural Society rappelle elle aussi que l’automne est un bon moment pour réduire ces rosiers et limiter leur prise au vent.

Si l’on ne fait rien, les longues cannes souples se transforment en voiles : elles fouettent au moindre coup de vent, se croisent, s’écorcent, voire se cassent net. Pire, le pied peut bouger dans le sol, un phénomène que les Anglais appellent « ballottement par le vent », qui fragilise l’enracinement. Monty Don insiste donc sur la nécessité de bien attacher la plante pour « éviter les dégâts d’hiver », en même temps qu’on la taille et qu’on la structure.

Rosier grimpant ou rosier liane : vérifier avant d’agir sur vos plantes

Avant de sortir le sécateur, encore faut-il être sûr de ce que l’on a entre les mains. Les conseils de Monty Don visent les rosiers grimpants classiques, ceux qui refleurissent plusieurs fois dans la saison et que l’on conduit le long d’un mur, d’une tonnelle ou d’un treillis. Les rosiers lianes, eux, offrent une énorme floraison unique, en général en début d’été, sur de longues tiges très souples.

La nuance est importante : si l’on taille un rosier liane à l’automne comme un grimpant remontant, on risque de supprimer la majorité du bois qui porterait les fleurs l’année suivante. Un bon repère : le grimpant produit souvent de grosses fleurs isolées ou en petits bouquets, à plusieurs reprises dans la saison ; la liane, plutôt une nuée de petites fleurs en une seule vague. En cas de doute, mieux vaut se limiter à enlever le bois mort et à sécuriser les attaches, en gardant la charpente principale en place.

La méthode de Monty Don pour tailler et palisser vos rosiers grimpants

Monty Don rappelle d’abord l’importance du matériel : « Utilisez toujours des outils vraiment affûtés pour tailler. Non seulement cela rend la vie beaucoup plus simple, mais cela donne aussi des coupes bien plus nettes et cause donc moins de dégâts à la plante ; des outils bien affûtés sont aussi beaucoup plus sûrs ». Il ajoute : « Servez-vous toujours d’un outil qui travaille dans sa catégorie, ne forcez jamais. Utilisez un coupe-branches pour les tiges trop épaisses pour être coupées facilement au sécateur, et une scie bien affûtée pour tout ce qui met le coupe-branches en difficulté ». Une fois équipé, il conseille : « Commencez par enlever toute pousse abîmée ou qui se croise, ainsi que tout bois très âgé qui peut être rabattu jusqu’au sol ». On coupe juste au-dessus d’un bourgeon orienté dans la direction souhaitée, en portant gants épais et lunettes pour éviter les mauvaises surprises.

Vient ensuite le palissage. Monty Don détaille : « Les tiges principales doivent être déployées en éventail, à égale distance et aussi horizontalement que possible, en les attachant à des fils ou à un treillis. Puis toutes les pousses latérales partant de ces tiges principales – qui ont produit les fleurs de cette année – peuvent être réduites à un court moignon de quelques feuilles ». Le résultat recherché ? « Un réseau de pousses en grande partie horizontales avec, tout du long, des pousses latérales taillées. Assurez-vous enfin que tout est solidement attaché pour éviter les dégâts d’hiver ». Un dernier passage pour ramasser feuilles malades et branches coupées limite au passage les taches noires du rosier et autres maladies qui adorent hiverner au pied des plantes.