Ne jetez plus vos rouleaux de papier toilette : ce geste simple les transforme en alliés du compost
Un compost qui colle, qui sent fort et qui attire les moucherons, c’est presque toujours le même scénario : trop d’épluchures et pas assez de matière sèche. Pourtant, la solution se cache souvent dans la salle de bains. Ces discrets rouleaux de papier toilette, que l’on jette machinalement, peuvent rendre de grands services au tas de compost du jardin.
Depuis quelques années, les guides de compostage et de jardinage mettent en avant ces tubes en carton comme une ressource à part entière. Oui, on peut composter les rouleaux de papier toilette, et c’est même un vrai coup de pouce pour équilibrer un compost trop humide. Le secret tient en un geste tout simple avant de les jeter dans le bac.
Pourquoi les rouleaux de papier toilette sauvent un compost trop humide
Plein d’épluchures, de marc de café et de tontes de gazon : ce sont les « matières vertes », très riches en azote. Pour que les micro-organismes du compost travaillent bien, l’Agence américaine de protection de l’environnement recommande environ deux à trois fois plus de « matières brunes » riches en carbone, comme les feuilles mortes, le carton ou les tubes de papier toilette. Ce rapport carbone/azote limite les mauvaises odeurs et garde le tas aéré.
De nombreux jardiniers soulignent aussi le rôle du carton comme éponge régulatrice. Il absorbe l’excès d’eau quand les déchets humides dominent, puis relâche cette humidité quand le tas sèche. Le blog Boston Organics résume : « Ces matériaux se décomposent efficacement et se transforment en un humus riche en nutriments que les plantes adorent littéralement ». Autre bonus, ces fibres attirent les vers de terre qui creusent des galeries et améliorent l’aération.
Le geste qui change tout : préparer les rouleaux avant de les composter
Pour profiter de ces atouts, il suffit d’un petit rituel. On garde uniquement le carton nu : plus de papier, pas de reste d’adhésif ni d’étiquette plastifiée. Puis on déchire le rouleau en morceaux, en lamelles ou en anneaux de quelques centimètres. Les guides de compostage rappellent qu’un carton bien fragmenté peut disparaître en quelques semaines à quelques mois, contre une décomposition beaucoup plus lente si le tube est laissé entier.
Dans la pratique, on peut garder une boîte sèche près du compost, y stocker les rouleaux de papier toilette vides, puis les déchirer au moment d’ajouter les déchets de cuisine. Chaque apport d’épluchures est alors recouvert d’une couche de carton. Les collectivités conseillent un compost humide comme une éponge essorée : si ça dégouline à la main, on ajoute des morceaux de tubes et on brasse le tas environ une fois par mois.
Rouleaux de papier toilette : ceux à composter, ceux à éviter
Tous les rouleaux ne se valent pas pour le compost du potager. Les sites de référence comme Mon Jardin Ma Maison et l’Agence de la transition écologique rappellent que seul le carton brut, non traité, est acceptable. Il faut aussi tenir compte de ce que le rouleau a touché : un tube posé près de produits ménagers ou éclaboussé de désinfectant ne devrait pas rejoindre le bac à biodéchets.
- À composter : carton brun simple, sans film plastique ni vernis brillant.
- À éviter : tubes colorés, très imprimés, plastifiés ou cirés.
- À éviter : rouleaux souillés par des produits ménagers, solvants ou autres substances chimiques.
Une fois bien décomposés, ces cartons rejoignent le compost mûr que l’on étale sur les massifs ou le potager. Les spécialistes conseillent de ne pas enterrer de rouleaux entiers ni de gros morceaux directement au pied des légumes, mais de passer par l’étape compostage pour éviter un déséquilibre local. Avec le temps, l’humus issu des tubes et les galeries de vers de terre donnent un sol plus souple, qui retient mieux l’eau et nourrit durablement les plantes.