Ni bois ni pellets : José Alberto, vétérinaire à la retraite, fabrique des bûches avec des déchets de fruits pour se chauffer à moindre coût

Entre factures de chauffage qui grimpent et difficultés d’approvisionnement en bois ou pellets, beaucoup de foyers cherchent des solutions différentes pour l’hiver. Une piste inattendue vient d’Argentine : un combustible solide fabriqué à partir de déchets de fruits. Ces bûches jaunes ou brun foncé sont issues d’un déchet que les usines de jus et de cidre cherchaient surtout à évacuer.

Ces bûches compressées de marc de pommes et de poires, parfois appelées bio-bûches ou bio troncos, sont présentées comme capables de remplacer le bois de chauffage ou le charbon. Le World Resources Institute estime que près de 1,3 milliard de tonnes de nourriture sont perdues ou gaspillées chaque année dans le monde. Transformer une fraction de ces restes en énergie pour poêles et cheminées intrigue logiquement ceux qui espèrent se chauffer à moindre coût.

Bûches de marc de fruits : un combustible ni bois ni pellets venu d’Argentine

L’histoire est liée à José Alberto Aramberri, vétérinaire à la retraite dans la province de Neuquén, en Patagonie. En manipulant de la pulpe de fruits séchée issue du pressage de pommes et de poires, il a vu apparaître des étincelles au moment de couper ce bloc compact. Ce marc, appelé orujo en espagnol, s’est alors imposé comme base d’une nouvelle bûche de chauffage entièrement végétale.

La matière première vient directement des cidreries et usines de jus : un mélange de pulpe, de peaux et de pépins jusqu’ici peu valorisé. Des médias argentins indiquent que ces résidus arrivent avec environ 80 % d’eau, ce qui impose un séchage soigné avant de brûler correctement. Selon la presse locale, l’atelier de José Alberto Aramberri produirait déjà près de 1 000 tonnes de ces bûches par an.

Comment sont fabriquées ces bûches issues de déchets de fruits ?

Une fois le marc récupéré, la première étape consiste à le laisser s’égoutter puis sécher plusieurs jours à l’air libre, sur de grandes dalles. Quand la pulpe a durci, elle est broyée ou fragmentée, puis compressée mécaniquement dans une presse conçue pour mouler des cylindres réguliers. On obtient alors des bûches denses, faciles à manipuler et stocker comme un combustible classique.

Dans la pratique, le parcours d’une bûche de marc de fruits reste donc assez court, avec peu d’étapes techniques.

  • Collecte du marc de pommes et de poires juste après le pressage.
  • Séchage de quelques jours pour faire chuter l’humidité.
  • Compression en bûches, refroidissement et stockage à l’abri de l’eau.

Chauffage moins cher et plus vert : le potentiel des bûches de marc de fruits

Côté performances, un article argentin citant un essai de l’Institut national de technologie industrielle (INTI) évoque un pouvoir énergétique d’environ 4 254 kilocalories par kilo pour ces bûches. La presse spécialisée en France le situe au niveau de bûches de bois densifié, avec une combustion régulière adaptée aux poêles et cheminées qui acceptent les combustibles compressés. Pour l’extérieur, plusieurs reportages montrent déjà ces bio-bûches utilisées à la place du charbon pour les barbecues.

L’argument économique repose sur le fait que la matière première est un déchet agricole déjà disponible en grandes quantités, ce qui limite les coûts de production et la pression sur les forêts. Des entreprises comme Biót, à Plottier, affirment que leurs bio troncos reviennent moins cher que le bois de chauffage ou le charbon et annoncent jusqu’à 70 % d’émissions de dioxyde de carbone en moins, des chiffres encore à documenter par des études indépendantes. Pour un pays comme la France, grand producteur de pommes et de cidre, plusieurs articles voient dans ce combustible à base de déchets de fruits une piste de filière locale, en attendant que des acteurs hexagonaux testent et distribuent, à terme, des bûches ni bois ni pellets.