Ni hortensias ni pétunias : au jardin, une autre star se fait une place dans les massifs ensoleillés. Cet arbuste venu de contrées chaudes supporte le soleil brûlant, la sécheresse et même les sols pauvres, tout en offrant des bouquets de fleurs colorées pendant des mois, là où d’autres craquent à la première canicule.
Dans certains témoignages de jardiniers, on lit qu’il peut fleurir « 365 jours sur 365 » lorsque l’hiver reste doux et sans gel. Les spécialistes de la Société Nationale d’Horticulture de France (SNHF) rappellent toutefois que, sous nos climats, la floraison s’étend surtout de juin jusqu’aux premières gelées, avec un net ralentissement au froid. Autrement dit, cette plante peut presque ne jamais s’arrêter de fleurir, à condition de la chouchouter un minimum.
Lantana camara, la verveine arbustive qui aime le plein soleil
Ce champion de la floraison longue, c’est le lantana, ou Lantana camara, une verveine arbustive de la famille des Verbénacées. Originaire d’Amérique latine et d’Afrique, il forme un buisson dense couvert de petites ombelles de fleurs qui changent de couleur au fil des jours, du jaune au rose, parfois jusqu’au rouge. Le parfum est léger, le feuillage vert foncé légèrement rugueux, et l’ensemble donne tout de suite un air de vacances au jardin.
Cette plante se distingue par sa capacité à supporter des conditions difficiles : chaleur intense, sécheresse, sols pauvres, voire terrains soumis aux embruns. Ses racines aident à stabiliser les talus secs ou en pente et à limiter l’érosion, ce qui en fait un atout dans un jardin plus durable. Les inflorescences riches en nectar attirent papillons et abeilles, transformant le massif en véritable buffet pour pollinisateurs.
Une floraison presque toute l’année selon le climat et l’hivernage
Dans ses régions d’origine, dépourvues de gel, le lantana peut rester en fleurs quasiment toute l’année. La SNHF précise qu’en France métropolitaine, la floraison intervient surtout de juin jusqu’aux gelées, la plante ayant besoin d’une température d’au moins 8 à 10 °C pour rester en pleine végétation. Dans un climat très doux ou si on le conserve en véranda ou serre lumineuse hors gel, les fleurs se succèdent presque sans interruption.
En pleine terre, on installe le lantana après tout risque de gel, en général en mai, dans une exposition plein soleil et un sol léger, bien drainé. Le conseil des spécialistes : arroser en profondeur mais de façon espacée, en évitant l’eau stagnante, pour encourager un enracinement profond et une vraie résistance à la sécheresse. Un sol un peu fertile améliore encore la floraison ; on peut apporter un engrais au printemps et en automne en massif, puis toutes les deux à trois semaines en pot pendant la période de fleurs.
Où planter le lantana, comment l’entretenir et limiter les risques
Pour tirer le meilleur de cette plante résistante à la sécheresse, il vaut mieux la placer au chaud, contre un mur bien exposé ou dans un grand pot sur une terrasse ensoleillée. Le lantana supporte les ambiances salines, ce qui le rend intéressant en jardin côtier. En climat sujet au gel, la culture en bac permet de le rentrer l’hiver dans une pièce claire, peu chauffée, où il continue parfois à fleurir. Une taille assez courte à la fin de l’hiver garde l’arbuste compact et stimule de nouveaux rameaux florifères.
Quelques gestes simples suffisent à l’entretenir :
- Arroser en profondeur puis laisser sécher la surface du substrat entre deux apports ;
- Supprimer les fleurs fanées avant la formation complète des fruits ;
- Fertiliser régulièrement les sujets en pot durant la floraison ;
- Surveiller l’éventuelle araignée rouge en période très chaude et sèche ;
- Porter des gants en cas de peau sensible, la plante étant signalée comme toxique.
La SNHF signale en effet que le lantana est une plante toxique, en particulier par ses baies, pour les enfants et les animaux domestiques. Mieux vaut l’installer hors de portée et éviter qu’il pousse près des zones de jeux ou de pâturage. Dans les régions chaudes, il peut devenir envahissant si on laisse les fruits mûrir et se ressémer ; couper les bouquets défleuris limite ce risque. Pour renouveler un sujet ou en offrir autour de soi, on réalise des boutures en août-septembre, lorsque la température tourne autour de 20 °C, et l’on profite longtemps de cet arbuste infatigable au jardin.