Quand on installe un composteur, on pense tout de suite aux épluchures, au marc de café ou aux coquilles d’oeufs. Certains ajoutent même le carton des rouleaux de papier toilette pour nourrir le tas en matière sèche. Pourtant, un autre déchet d’hygiène, beaucoup plus discret, finit chaque jour à la poubelle alors qu’il pourrait intéresser vos vers et micro-organismes.
Avec la hausse du coût des déchets et l’envie de limiter le plastique, les regards se tournent peu à peu vers la salle de bain. Ces petits disques blancs et doux, utilisés pour se démaquiller ou appliquer une lotion, représentent des poignées de déchets chaque semaine. Peu de gens se demandent s’ils pourraient rejoindre un compost sans l’abîmer. La réponse n’est pas si simple.
Composter les cotons démaquillants : oui, mais seulement s’ils sont 100 % coton
Bonne nouvelle pour les adeptes du zéro déchet : il est possible de composter les cotons démaquillants, à condition de respecter un critère de base, leur composition. Les sites de jardinage et de compost explicitent tous la même règle, le disque doit être en 100 % coton, de préférence non teint. Le coton est une fibre végétale riche en carbone, classée dans les « bruns » du compost, au même titre que le carton ou les feuilles mortes. Il aide donc à équilibrer des déchets très humides comme les épluchures ou l’herbe fraîche.
Le problème, c’est que beaucoup de disques vendus en grande surface ne sont pas constitués uniquement de coton. Les fabricants y ajoutent souvent une fine maille en polyester, presque invisible, pour qu’ils ne se délitent pas pendant l’utilisation. Certains mélangent aussi coton et viscose ou d’autres fibres synthétiques. Ces matériaux ne se dégradent pas dans un compost domestique et se fragmentent en microplastiques qui restent dans le sol, exactement ce que l’on cherche à éviter.
Mailles plastiques, maquillage et solvants : ce qui bloque le compost des disques de coton
Avant de jeter un disque dans le compost, un petit test visuel aide à lever le doute. Les spécialistes conseillent de l’humidifier puis de le déchirer : s’il se désagrège comme une boule de coton, sans résistance, il s’agit en général de vrai coton. Si au contraire il tient en une sorte de voile, avec un film brillant ou un quadrillage fin, cette armature est en polyester. Quand cette maille se retire facilement, on peut la découper aux ciseaux et ne garder que la partie en coton pour le compost.
Autre point clé, ce que le coton a absorbé. Les disques utilisés avec du vernis à ongles, de l’acétone, du dissolvant ou un maquillage très chargé concentrent des solvants et pigments qui n’ont rien à faire dans un bac à compost. Les guides évoquent en revanche un usage possible quand le coton a servi avec une eau micellaire douce ou une lotion à l’hamamélis, car ces produits ne perturbent pas la décomposition. Même logique pour les boules de coton classiques ou les cotons-tiges à tige en papier et embout en coton pur, qui peuvent rejoindre le tas s’ils ne sont pas imbibés de produits agressifs.
Préparation, durée de décomposition et types de compost pour les cotons démaquillants
Pour qu’un coton se dégrade vite, les conseils concordent : le déchirer en petits morceaux, l’humidifier légèrement puis le mélanger à d’autres déchets. Dans un compost domestique bien équilibré, un coton pur se décompose en général en 6 à 10 semaines.
Ces cotons passent aussi bien dans un tas de jardin classique que dans un composteur rotatif, voire un bac de lombricompost si les morceaux restent fins. Les guides déconseillent en revanche de les mettre dans un système de type bokashi ou dans une collecte municipale sans vérifier les consignes locales.