Mesurant 23 cm de long et pesant de 70 à 90 g, le pic épeiche (Dendrocopos major) est le plus commun des pics en France. Son nom latin est éloquent : dendrocopos signifie « qui frappe les arbres », et major rappelle qu’il est le plus grand de son genre en Europe. Il appartient à la famille des Picidés, qui compte une vingtaine d’espèces en Europe, toutes dotées de la même anatomie remarquable : des pattes aux doigts opposés pour s’agripper à l’écorce, une queue rigide en appui, et surtout un bec en ciseau et une langue extensible, barbelée et collante, pouvant a eindre 4 cm au-delà du bec pour extirper les larves de leurs galeries. Son crâne, aux os spongieux et aux muscles amortisseurs, supporte sans dommages une cadence atteignant 20 coups par seconde.
Pic épeiche : son signe distinctif
Avec son plumage tricolore (noir, blanc et rouge), le pic épeiche est un oiseau en habit d’apparat. Le dos est noir lustré, les ailes arborent de grandes taches blanches ovales, le ventre est blanc crème. Le rouge vif sous la queue (la partie sous-caudale) est présent chez les deux sexes et ne passe pas inaperçu. Ce qui distingue le mâle de la femelle, c’est une simple tache rouge écarlate sur la nuque, absente chez ce e dernière. Le pic juvénile, lui, arbore une calotte entièrement rouge qui disparaîtra après sa première mue.
Pic épeiche : bien l’accueillir au jardin
Pour inviter le pic épeiche dans son jardin, la présence d’arbres âgés est indispensable : pommiers, poiriers, chênes ou bouleaux lui offrent à la fois nourriture et support de nidification. Il creuse lui-même sa niche, à 3 ou 4 m de haut, dans un tronc au bois tendre ou affaibli. Inutile donc de lui proposer un nichoir classique.
En revanche, il fréquente volontiers les mangeoires en hiver : boules de graisse, noix, noise es et morceaux de lard non salé l’attireront sans peine. Laisser en place les souches et le bois mort dans le jardin est le geste le plus utile que l’on puisse faire pour lui.
Pic épeiche : où et quand l’observer ?
Sédentaire et territorial, le pic épeiche est présent toute l’année sur notre territoire, des forêts de feuillus et de résineux aux parcs urbains bien arborés. Il affectionne particulièrement les vieux arbres, riches en bois mort et en insectes. C’est en hiver et au début du printemps, dès le mois de janvier, qu’il se manifeste distinctement : les arbres sont dénudés et le tambourinage nuptial résonne loin. Lors de ses déplacements, il adopte un vol caractéristique en vagues amples et ondulées, alternant battements et glissements.
Le pic épeiche ne chante pas à proprement parler : il tambourine. Ce roulement bref et puissant (une rafale de dix à seize coups en moins d’une seconde) résonne comme un appel sur les troncs creux dès janvier et jusqu’en avril, pour séduire une partenaire ou marquer son territoire. À cela s’ajoute son cri de contact, un « kick ! » sec et claqué, répété et facilement reconnaissable. Dans les moments d’agitation, il peut enchaîner une série de cris décroissants, presque comiques, qui trahissent sa présence bien avant qu’on ne l’aperçoive.