Planté en septembre, ce fruit oublié offre une récolte généreuse et facile dès l’été suivant

Au moment où le potager d’été commence à fatiguer, un autre cycle peut discrètement démarrer. En septembre, alors que l’on range les tomates et les courgettes, un petit arbuste fruitier longtemps délaissé promet une belle surprise : une récolte généreuse dès l’été suivant, sans y passer ses week-ends.

Ce « fruit de grand-mère » a tout pour plaire aux jardiniers d’aujourd’hui : peu d’entretien, grande rusticité et fruits délicieux à croquer ou à transformer. Planté au bon endroit en septembre, il s’installe tranquillement tout l’hiver pour se réveiller dès le printemps. Son nom ne parle plus à tout le monde, mais il mérite clairement un retour au jardin.

La groseille à maquereau, fruit oublié qui aime être planté en septembre

Il s’agit de la groseille à maquereau, ou groseillier à maquereau (Ribes uva-crispa), un arbuste épineux qui donne des baies vertes, jaunes ou rouges, à la saveur acidulée. Très rustique, il supporte jusqu’à -25 °C et convient autant aux jardins de climat frais qu’aux zones plus tempérées. Ses fruits sont riches en vitamine C et, pour les variétés colorées, en anthocyanes antioxydantes.

La période fin août – début septembre lui va particulièrement bien. Le sol reste tiède, ce qui favorise l’enracinement, tandis que les pluies d’automne limitent les arrosages. En plantant à ce moment, l’arbuste a le temps de développer un système racinaire solide avant l’hiver. Un plant bien installé peut donner quelques fruits dès l’été suivant, puis atteindre 3 à 5 kilos par pied à partir de la deuxième année.

Emplacement et variétés : les bons choix pour réussir du premier coup

Le groseillier à maquereau apprécie une exposition ensoleillée mais douce. Dans les régions chaudes, on vise plutôt la mi-ombre, avec soleil le matin et ombre légère l’après-midi, pour éviter que les baies ne grillent en plein mois de juillet. Le sol idéal reste frais, bien drainé, avec un pH légèrement acide à neutre, autour de 6 à 7 ; en terrain lourd, on ajoute du sable ou des graviers au trou de plantation.

Côté variétés, ‘Invicta’ est souvent citée comme valeur sûre pour débuter, grâce à sa grande productivité et à sa bonne résistance à l’oïdium, ce « blanc » qui tache le feuillage. ‘Hinnonmäki Red’ convient très bien aux régions froides, avec ses fruits rouge foncé et sa rusticité marquée. ‘Pixwell’ donne de longues grappes faciles à cueillir. On espace les arbustes d’environ 1 à 1,25 m pour qu’ils s’aèrent bien.

Planter en septembre et entretenir jusqu’à la récolte d’été

Pour la plantation, on creuse un trou d’environ 50 cm de diamètre sur 40 cm de profondeur. On mélange la terre extraite avec un tiers de compost bien mûr et une poignée de corne broyée, qui libère lentement l’azote. Le plant est positionné légèrement plus profond que dans son pot, bien arrosé, puis le sol est paillé avec des feuilles mortes ou du broyat pour garder l’humidité et limiter les herbes indésirables.

  • En automne : surveiller simplement la reprise et maintenir le paillage.
  • En hiver : tailler très légèrement si besoin, hors période de gel.
  • Au printemps : apporter un seau de compost et un peu de cendres de bois riches en potasse.

L’entretien reste léger : un arrosage régulier en cas d’été sec, un paillage renouvelé et une taille entre décembre et février, en supprimant les branches âgées de plus de quatre ans et celles qui se croisent au centre. Cette aération limite l’oïdium, surtout si l’on a choisi une variété naturellement résistante. La récolte de juin à août se fait au fur et à mesure ; on cueille un peu ferme pour les confitures très riches en pectine, bien mûr pour une dégustation fraîche et parfumée.