Rhubarbe : les 2 gestes à faire en automne pour des tiges plus vigoureuses et savoureuses

Rhubarbe : 2 gestes en automne pour des tiges plus vigoureuses et savoureuses

Chaque printemps, la scène est la même : certains pieds de rhubarbe donnent de grosses tiges rouges, d’autres restent maigres et filandreux. La différence se joue bien avant les premières récoltes. Tout se passe au cœur de l’automne, quand le feuillage s’affaisse et que la plante commence à préparer sa prochaine saison.

« La rhubarbe est une vivace facile à cultiver et robuste. Elle a même besoin d’un coup de froid pour donner les meilleures récoltes », expliquent les experts de Thomson et Morgan. Ils rappellent aussi qu' »une récolte excessive réduit la vigueur de la plante ». Mieux vaut donc lever le pied sur les cueillettes dès la fin juin, pour que la couronne refasse ses réserves avant l’hiver.

Tailler la rhubarbe en automne quand le feuillage s’écroule

Dès octobre, la rhubarbe fait partie des premiers légumes du jardin à se coucher. Les feuilles deviennent molles, se tachent de noir puis finissent par pourrir. « Quand les feuilles meurent naturellement, rabattez simplement les anciennes tiges de rhubarbe pour laisser les bourgeons à découvert », conseille l’équipe de Thomson et Morgan. Ne tardez pas trop, car une fois en dormance, la plante reste au repos pour tout l’hiver.

Par temps sec, repérez les vieilles tiges flétries autour de la couronne. Saisissez-les à la base et tirez légèrement en les tournant pour les détacher sans blesser le cœur du pied, où se logent les bourgeons de l’année suivante. Si certaines résistent, un sécateur propre et bien aiguisé suffit. Supprimez aussi les hampes florales à ras, car elles détournent l’énergie qui devrait aller vers les futures tiges.

Pailler en automne sans couvrir la couronne de rhubarbe

Après le nettoyage, place au deuxième geste clé : le paillage autour de chaque pied. Un fumier bien décomposé ou un compost mûr fait l’affaire. « Cela aide à conserver l’humidité du sol, à limiter les mauvaises herbes et à nourrir les plants pour la saison suivante. Mais ne couvrez pas la couronne, car cela pourrait la faire pourrir », recommandent les spécialistes de Thomson et Morgan. Déposez un anneau de 5 à 10 cm de paillis autour du pied.

Laisser la couronne visible reste capital. Enterrée sous le paillage, elle baigne dans une humidité stagnante où pourriture de la couronne s’installe vite. « Elle est causée par des champignons ou des bactéries, présents dans le sol ou l’eau, et une fois installée, la maladie peut tuer la plante », avertissent les spécialistes de Thomson et Morgan. Au moindre tissu mou et brun, il faut réagir en coupant toutes les parties atteintes, quitte à entamer légèrement les zones encore saines.

Questions et erreurs qui freinent les tiges de rhubarbe

Beaucoup de jardiniers hésitent encore sur ce qu’il faut faire des grandes feuilles toxiques. La Royal Horticultural Society indique qu’elles peuvent aller au compost, car leurs composés s’y dégradent avec le temps. Faut-il protéger la souche du froid hivernal ? Les spécialistes rappellent que la rhubarbe a besoin de plusieurs semaines de températures basses, autour de 3 à 5 °C selon les variétés, pour redémarrer avec des pétioles charnus au printemps. Quelques erreurs reviennent pourtant chaque année.

Récolter trop tard dans l’été épuise la plante, tout comme couper le feuillage encore vert au lieu d’attendre qu’il meure de lui-même. À l’inverse, oublier de supprimer les hampes florales ou étaler un paillage épais directement sur la couronne favorise maladies et affaiblissement. Quand on limite les récoltes après juin, que l’on taille la rhubarbe en automne une fois le feuillage affaissé, puis que l’on installe un paillage nourricier en anneau sans recouvrir la couronne, le pied dispose de ce dont il a besoin. Ses bourgeons restent au sec, reçoivent le froid nécessaire et trouvent au printemps un sol riche et souple. Les tiges qui en sortent ont alors des chances d’être plus épaisses, croquantes et savoureuses.