Quelques cerises commencent à rougir, les prunes prennent des couleurs et les pommes approchent doucement de la récolte. Seulement, les jardiniers ne sont pas toujours les premiers à s’en apercevoir. Les oiseaux aussi apprécient les fruits, et certains n’attendent pas qu’ils soient parfaitement mûrs pour venir se servir. Pour tenter de protéger leur récolte sans leur faire de mal, certains jardiniers suspendent alors de simples bandes de papier aluminium dans les arbres fruitiers. L’image peut surprendre, mais cette astuce repose sur un principe très simple : profiter de la lumière et du vent pour créer un effet visuel susceptible de tenir temporairement certains oiseaux à distance.
Pourquoi suspendre du papier aluminium dans les arbres fruitiers ?
L’objectif n’est évidemment pas d’apporter quoi que ce soit à l’arbre. Le papier aluminium est utilisé ici comme répulsif visuel. Lorsqu’une bande suffisamment longue est suspendue à une branche, elle bouge avec le vent, tourne sur elle-même et réfléchit les rayons du soleil. Ces mouvements accompagnés de reflets lumineux soudains peuvent surprendre certains oiseaux et les inciter à éviter momentanément l’arbre. Le principe est d’ailleurs loin d’être une invention des réseaux sociaux. Des spécialistes universitaires en horticulture et en gestion de la faune mentionnent réellement l’utilisation de bandes d’aluminium ou de matériaux réfléchissants pour éloigner les oiseaux de certaines cultures.
Le service d’Extension de la Michigan State University cite par exemple les bandes de papier aluminium parmi les solutions brillantes et mobiles pouvant être installées autour des végétaux endommagés. La New Mexico State University décrit également des bandes d’aluminium suspendues aux branches, qui tournent et se balancent dans le vent tout en produisant des éclats de lumière. Une astuce toute simple, donc, qui permet surtout d’essayer de décourager les oiseaux sans les blesser.
Cerises, prunes, petits fruits : l’astuce fonctionne-t-elle vraiment ?
C’est là que les choses se compliquent légèrement. Les dispositifs réfléchissants peuvent avoir un intérêt, mais leur efficacité n’est ni garantie ni permanente. Les oiseaux sont capables de comprendre assez rapidement qu’un objet brillant ne représente finalement aucun danger. L’University of New Hampshire rappelle ainsi que les oiseaux peuvent s’habituer aux dispositifs d’effarouchement. Pour conserver un certain effet, il est conseillé de changer régulièrement les méthodes employées ou leur emplacement. Les dispositifs visuels peuvent également être associés à d’autres solutions.
L’astuce peut être particulièrement intéressante au moment où les fruits commencent à mûrir, avant que les oiseaux ne prennent l’habitude de venir manger quotidiennement dans l’arbre. L’University of Kentucky conseille justement d’installer les dispositifs d’effarouchement avant que le problème ne soit bien installé et cite parmi les solutions les objets réfléchissants suspendus autour des cultures fruitières. En revanche, si les merles, étourneaux ou autres visiteurs ont déjà transformé votre cerisier en buffet à volonté, quelques morceaux d’aluminium risquent de ne pas suffire. Pour un arbre isolé ou une petite culture, le filet correctement installé reste l’une des protections les plus efficaces contre les dégâts causés aux fruits.
Comment suspendre les bandes d’aluminium sans abîmer l’arbre ni les oiseaux ?
L’astuce ne nécessite que quelques morceaux de papier aluminium ménager. Découpez des bandes suffisamment longues pour qu’elles puissent bouger librement avec le vent, puis fixez-les délicatement sur plusieurs branches. Évitez de serrer du fil ou une attache rigide directement autour d’une jeune branche : en grossissant, celle-ci pourrait être marquée. Les bandes doivent également rester bien visibles et solidement attachées, sans former de longues boucles dans lesquelles un animal pourrait s’empêtrer.
Inutile d’en recouvrir tout l’arbre. Quelques bandes réparties dans les zones où les fruits sont les plus accessibles peuvent suffire pour tester la méthode. Si les oiseaux finissent par ne plus y prêter attention, déplacez les bandes ou alternez avec un autre dispositif visuel plutôt que de multiplier les morceaux d’aluminium. Et surtout, l’objectif n’est pas de faire disparaître les oiseaux du jardin. Beaucoup sont de précieux auxiliaires et participent notamment à la régulation de certains insectes. Il s’agit simplement de protéger temporairement les fruits arrivant à maturité, puis de retirer les bandes une fois la récolte terminée.