Chaque automne, elles s’accumulent sur la pelouse et dans les allées avant de terminer dans les déchets verts. Pourtant, les feuilles mortes peuvent devenir une véritable ressource pour le jardin. En octobre, plutôt que de toutes les évacuer, les jardiniers peuvent les rassembler dans un petit enclos installé dans un coin du jardin. Quelques piquets et du grillage suffisent : avec le temps, les feuilles se transforment en une matière sombre et friable particulièrement intéressante pour le sol.
Pourquoi enfermer ses feuilles mortes dans un coin du jardin en octobre ?
Le principe consiste à fabriquer ce que les jardiniers britanniques appellent du leafmould, que l’on peut traduire par terreau ou terre de feuilles. Contrairement au compost traditionnel, il est obtenu principalement grâce à la décomposition des feuilles mortes. La Royal Horticultural Society recommande justement, parmi les travaux à réaliser au jardin en octobre, d’aménager un enclos à feuilles constitué de piquets et de grillage.
Son rôle est tout simple : empêcher les feuilles de s’envoler tout en laissant l’air circuler et la pluie les humidifier. Elles peuvent alors rester tranquillement en place et se décomposer progressivement. Il est préférable d’installer cet enclos dans un endroit abrité et discret du jardin. Plus le volume de feuilles est important, plus il sera facile de maintenir des conditions favorables à leur transformation. Et inutile d’y ajouter les épluchures de cuisine, tontes ou autres déchets que l’on réserverait habituellement au compost : ici, les feuilles et l’humidité suffisent.
Que deviennent les feuilles enfermées dans cet enclos ?
Il faudra faire preuve de patience. La fabrication d’un bon terreau de feuilles est beaucoup plus lente que certaines formes de compostage. Les feuilles se décomposent progressivement sous l’action de champignons et de micro-organismes. La RHS indique que la plupart peuvent demander environ deux ans pour produire un terreau de feuilles bien décomposé. Il est toutefois possible d’accélérer le processus. Les feuilles épaisses ou coriaces gagnent notamment à être broyées avant d’être stockées. Passer la tondeuse dessus lorsqu’elles sont étalées sur la pelouse constitue une méthode très simple pour les réduire en petits morceaux. Des feuilles broyées peuvent ainsi produire une matière utilisable beaucoup plus rapidement, parfois en six à douze mois selon les conditions.
Le tas doit également conserver une certaine humidité. S’il devient complètement sec pendant une longue période, il est possible de l’humidifier légèrement. L’objectif n’est toutefois pas de créer une masse détrempée et compacte. Pas de place pour construire un enclos ? Il existe une solution encore plus simple : mettre les feuilles humides dans de grands sacs percés de plusieurs trous, puis les stocker dans un endroit discret en attendant leur décomposition.
Pourquoi ce terreau de feuilles est-il si précieux au jardin ?
Après quelques mois ou quelques années, le tas qui ressemblait à un amas de déchets végétaux change complètement d’aspect. Il devient progressivement sombre, friable et proche d’un terreau. Cette matière peut d’abord être utilisée comme paillage ou amendement du sol. Elle apporte de la matière organique et contribue notamment à améliorer la structure de la terre ainsi que sa capacité à retenir l’eau. Lorsqu’il est parfaitement décomposé et suffisamment fin, le terreau de feuilles peut également entrer dans la composition de substrats maison, notamment en association avec d’autres ingrédients adaptés.
Toutes les feuilles ne se transforment toutefois pas à la même vitesse. Celles de chêne, hêtre ou charme, par exemple, se décomposent relativement bien, tandis que certaines feuilles épaisses, comme celles du marronnier ou du châtaignier, gagnent à être broyées. Enfin, ne récupérez pas aveuglément n’importe quelles feuilles. Celles provenant de végétaux atteints par certaines maladies peuvent nécessiter une gestion différente. La RHS recommande par exemple d’évacuer avec les déchets verts municipaux les feuilles touchées par la maladie des taches noires du rosier ou certaines tavelures.