Cette mauvaise herbe près de vos allées, avec les gaz d’échappement, déclenche des allergies bien plus graves que prévu

Attention au jardin : cette mauvaise herbe discrète vous rend malade – et les gaz d’échappement aggravent le problème

Au pied d’une haie, sous une mangeoire à oiseaux ou le long d’une allée, une touffe de vert passe souvent inaperçue. Feuillage découpé, allure de simple herbe sauvage : beaucoup de jardiniers la laissent pousser. Puis reviennent nez qui coule, quintes de toux, yeux rouges dans la famille, sans que l’on pense à cette mauvaise herbe discrète.

Dans le langage du jardin, on parle de mauvaises herbes pour ces plantes qui s’installent sans invitation au milieu des cultures. Le dictionnaire les définit comme une « plante envahissant les cultures et les prairies », qui concurrence les plantes utiles et cause un préjudice à l’agriculteur. Les spécialistes parlent plutôt d’adventices. En France, l’INRAE recense plus de 220 espèces en milieu cultivé. Parmi elles, une venue d’Amérique du Nord inquiète particulièrement les médecins : ses pollens deviennent encore plus agressifs au bord des routes saturées de gaz d’échappement.

Ambroisie au jardin : une mauvaise herbe discrète parmi plus de 220 adventices

Cette plante, c’est l’ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia). Le journaliste Sven Trautwein rappelle que « dans le jardin ou au bord de la route, elle ressemble au premier regard à une simple herbe sauvage inoffensive ». En réalité, cette adventice venue d’Amérique du Nord se montre très résistante et se répand déjà en Allemagne, où elle est considérée comme un cauchemar pour les jardiniers.

Son apparence explique qu’on la confonde avec d’autres herbes : tiges dressées, feuilles très découpées rappelant l’armoise, petites fleurs verdâtres peu visibles. On la retrouve dans les jardins, sur les friches, au bord des routes ou en lisière de champs, où elle concurrence les cultures tout en préparant sa redoutable charge de pollen.

Pollen d’ambroisie et gaz d’échappement : un cocktail redoutable pour les allergies

Les chiffres donnent la mesure du danger. « Une seule plante d’ambroisie adulte peut projeter jusqu’à un milliard de pollens hautement allergènes dans l’air », résume l’article. Selon ZDFheute, ces pollens déclenchent « un asthme sévère, des yeux gonflés et des muqueuses nasales irritées », parfois accompagnés de maux de tête persistants. En Allemagne, dans des zones très touchées comme autour de Nuremberg, jusqu’à 20 % des allergiques aux pollens rapportent déjà des symptômes violents. Comme l’ambroisie fleurit de juillet à octobre, bien plus tard que les espèces locales, elle prolonge la saison des allergies. Il existe enfin une forte réactivité croisée avec l’armoise commune, si bien que les personnes déjà allergiques à cette dernière réagissent souvent aux deux pollens en même temps.

Des travaux du Helmholtz Zentrum de Munich montrent que le dioxyde d’azote (NO2), très présent le long des routes, place l’ambroisie en état de stress. La composition des protéines de ses pollens se modifie alors, ce qui les rend « encore plus agressifs et plus déclencheurs d’allergies » pour l’être humain. Les abords des axes routiers deviennent donc des foyers de pollen particulièrement irritant pour les habitants voisins.

Nourriture pour oiseaux, arrachage, déchets : limiter l’ambroisie

Dans bien des jardins, l’ambroisie arrive tout simplement par la nourriture pour oiseaux : quelques graines cachées dans les mélanges tombent au sol sous les mangeoires, passent l’hiver et germent au printemps en redoutables plants allergènes.

Pour arracher la plante, portez des gants ; en floraison ajoutez un masque, et si vous êtes allergique, laissez la tâche à d’autres. Les graines d’ambroisie restant germinatives jusqu’à 40 ans, arrachez la racine puis jetez la plante avec les ordures ménagères, jamais dans les déchets verts. En cas de foyers en bord de route ou dans un espace public, prévenez la mairie.