6 tendances déco que les designers abandonnent discrètement (et que vous devriez aussi)
À l’approche de 2027, certains salons se ressemblent tous : murs neutres, canapés sages, mêmes poignées de cuisine vues mille fois sur Instagram. En coulisses pourtant, les décorateurs commencent à tourner la page de plusieurs tendances devenues trop vues, trop froides ou carrément peu pratiques au quotidien. Ils les abandonnent en douceur, sans grand discours, mais le mouvement est bien là.
Ces choix déco paraissaient intemporels, parfaits en photo, mais beaucoup de designers racontent qu’ils ont vite regretté de les avoir adoptés chez eux. À partir de leurs confidences, de Charli Hendler à Maren Baker, voici 6 tendances déco qu’ils laissent derrière eux… et les alternatives plus chaleureuses et personnelles qu’ils privilégient désormais. Et quelques surprises se glissent dans la liste.
Tout beige et imprimés floraux : quand la déco manque de relief
Pour Charli Hendler, fondatrice d’August Black Interior Design, le tout beige a fait son temps. Elle explique qu’elle se tourne maintenant « vers des tons sourds mais richement pigmentés, des textures superposées et des contrastes marqués ». Parul Ghei, qui dirige Studio Jai, renchérit : « Quand tout se fond, la pièce peut sembler plate et sans âme », d’où son goût pour « des neutres superposés avec des textures plus riches, des bois plus foncés et même des couleurs d’accent plus sombres ».
Les tendances relevées par Kate Hartman et Molly Torres Portnof vont dans le même sens : les beiges très clairs laissent place à des gris profonds, des bruns et bordeaux qui resteront présents jusqu’en 2027. Côté motifs, Kristina Phillips juge que le « fleurs sur fleurs sur fleurs » « commence à perdre de son éclat » et que « les pièces saturées de motifs concurrents paraissent plus chaotiques que charmantes » ; elle préfère des intérieurs plus aérés, où l’on dose les imprimés.
Style maison de ferme et tissus bouclette : des effets de mode à canaliser
Le style maison de ferme standardisé fatigue aussi les professionnels. Elaine Burns parle de « cette esthétique de ferme au découpage », faite de fausses poutres apparentes, portes de grange, toile de jute et finitions ultra vieillies. Elle confie : « C’est encore très présent, mais pour mes clients qui veulent ce côté chaleureux et vécu, j’essaie de les orienter vers des pièces vintage uniques, avec de l’histoire et du caractère », ce qui rend les pièces « plus spéciales ».
Cette recherche de caractère rejoint l’observation de Claire Zinnecker : « Les gens s’éloignent des espaces qui paraissent tout neufs et trop coordonnés ». Même logique pour le tissu bouclé : Ariene Bethea, qui n’en a « jamais été fan », estime que « cela ressemblait plus à une lubie passagère qu’à une texture intemporelle » et qu’il est « temps de laisser d’autres matières avoir leur moment ». Les décorateurs misent à la place sur le velours ou le lin, mélangés à d’autres textures plutôt qu’en total look.
Noir mat, choix par défaut et erreurs déco que les pros ne refont plus
Les finitions en noir mat sur poignées, robinets et luminaires ont beaucoup séduit pour leur contraste graphique. Pour la designer Emma Thayer, cette option « est sur la voie d’une tendance en train de disparaître ». Elle rappelle que « sa force a été d’offrir un effet très contrasté », mais que, avec des intérieurs plus texturés, « sa simplicité rigide peut sembler plate ». Elle conseille des métaux comme « l’acier noirci ou le bronze », tout aussi marquants mais plus nuancés.
Au-delà des matières, plusieurs décorateurs, comme Rebecca Ward, veulent sortir des choix par défaut : « Nous nous éloignons des plafonds blanc éclatant et des bords d’îlot en cascade répétés partout ». Elle note que « les clients veulent des espaces plus personnels et accueillants ». Les retours de Maren Baker sur le mur d’accent jugé « littéralement inutile », de Julia Newman sur le canapé en cuir « froid en hiver, chaud en été » ou de Lesley Myrick sur le meuble cache-appareils rappellent que le beau en photo ne suffit plus ; l’usage quotidien guide désormais leurs décisions.